Résultats 2025

Une croissance organique tirée par ses quatre piliers pour April

Publié le 1 avril 2026 à 14h00

Sarah Noufi    Temps de lecture 6 minutes

Le courtier-grossiste lyonnais enregistre une croissance de 5,5% en 2025. Une performance portée par ses quatre business units et une discipline technique revendiquée, dans un contexte de marché sous tension.

April a réalisé en 2025 un chiffre d’affaires de 907 M€, en progression de 5,5% par rapport à 2024. Éric Maumy, président du groupe, met en avant une année « entièrement portée par la croissance organique », après une séquence marquée par des acquisitions. Dans un environnement économique et réglementaire incertain, marqué par la hausse des défaillances d’entreprises et des tensions persistantes en santé, le courtier-grossiste souligne la résilience de son modèle. Celui-ci repose sur une discipline de souscription rigoureuse et une diversification à la fois métier, géographique et de distribution.

Santé-prévoyance : une hausse encadrée

Premier pilier du groupe, le pôle santé-prévoyance-emprunteur atteint 371 M€ de revenus en 2025, en croissance d’un peu plus de 4% vs 2024. Il se répartit entre 137 M€ en santé-prévoyance individuelle, 114 M€ sur les professionnels et TPE et 120 M€ en assurance emprunteur. Le marché reste contraint. Entre dérive des dépenses, effets du 100% santé et incertitudes réglementaires, les assureurs ont réduit leurs capacités. « Nous avons évolué dans un environnement marqué par des tensions fortes, avec des assureurs qui limitaient leur exposition », explique le dirigeant. Dans ce contexte, le groupe indique avoir « retrouvé des capacités auprès de ses partenaires assureurs ». April revendique une approche technique exigeante, à rebours de certaines dynamiques observées sur le marché. « Le vrai risque aujourd’hui est de vouloir faire du business à tout prix », souligne Éric Maumy. Le groupe privilégie une croissance maîtrisée afin d’éviter les cycles de sous-tarification suivis de redressements tarifaires.

En assurance emprunteur, le courtier-grossiste continue de tirer parti de la loi Lemoine, malgré un marché immobilier encore en retrait. Le nombre de transactions reste inférieur aux niveaux d’avant-crise, même si un redémarrage progressif est observé. Le groupe a d’ailleurs élargi son positionnement à l’ensemble des segments, notamment les prêts inférieurs à 200 000 € et les capitaux élevés. « Nous sortons avec 4,5 % de croissance en 2025 et 20 % d’affaires nouvelles. Nous couvrons aujourd’hui tout le spectre », précise-t-il.

IARD : une croissance du deux-roues dans un marché en repli

Deuxième pilier, le pôle IARD niches atteint 244 M€ de chiffre d’affaires, en hausse de 6 %. Il regroupe notamment le deux-roues, la plaisance, la construction, l’auto aggravé et les risques immobiliers. Dans la construction, April reste exposé aux petites entreprises du bâtiment, particulièrement affectées par la hausse des défaillances. Le groupe parvient néanmoins à maintenir une dynamique positive, en s’appuyant sur des offres liées à la transition énergétique et sur un réseau de courtiers spécialisés. Le deux-roues constitue le principal relais de croissance. Le groupe se positionne comme numéro deux en France, en Espagne et au Royaume-Uni. « Nous enregistrons des niveaux de croissance à deux chiffres dans des marchés en recul », ajoute Éric Maumy, traduisant des gains de parts de marché. Cette performance illustre un repositionnement plus large du courtier-grossiste sur la distribution digitale. Jusqu’à 55 % des ventes en deux-roues sont désormais réalisées via des parcours en ligne. April s’appuie sur le référencement, les comparateurs et des souscriptions digitalisées pour capter la demande. Le modèle repose désormais sur un équilibre entre intermédiation et direct. Le canal direct représente environ 30 % de l’activité, contre 13 % quelques années auparavant. En parallèle, la plateforme April ON permet aux courtiers partenaires de comparer les offres, de souscrire et de piloter leur portefeuille.

Epargne : un relais structurant

Troisième business unit, l’épargne et la gestion de patrimoine (DLPK) atteint 196 M€ de revenus en 2025, en progression de 8 %. Le groupe gère 17 Md€ d’encours. Dans un contexte d’incertitude économique, les flux d’épargne ont fortement progressé. « Nous avons été portés par le marché de l’épargne », indique le président. La collecte atteint 2,5 Md€ en assurance vie, un niveau inédit pour le groupe. Au-delà de l’effet marché, April structure une stratégie offensive sur l’épargne retraite. Le courtier-grossiste cible les courtiers de proximité, encore peu positionnés sur ces produits en raison de leur complexité. Le groupe a fait le choix de simplifier les offres et d’intensifier l’accompagnement. Produits plus lisibles, accompagnement terrain renforcé et abaissement des seuils d’entrée, jusqu’à 500 €, visent à élargir la distribution. Les premiers résultats sont jugés significatifs, avec environ 2 500 courtiers engagés dans la distribution de ces solutions quelques mois après leur lancement. Le groupe cible clairement une clientèle mass market encore sous-équipée.

Santé internationale : un levier d’expansion prioritaire

Quatrième pilier, la santé internationale représente 96 M€ de chiffre d’affaires, en croissance de 8%. Le groupe s’appuie sur un modèle opérationnel unifié, reposant sur un système d’information unique et des hubs de gestion régionaux en Europe, au Mexique, au Moyen-Orient et en Asie. Cette organisation permet d’optimiser les flux et d’ajuster les capacités en fonction de l’activité. April accélère parallèlement son déploiement géographique. Le groupe a ouvert de nouvelles implantations en 2025 en Égypte, à Abu Dhabi et au Qatar, et prévoit de poursuivre en 2026 en Malaisie, au Kenya, au Mexique et en Côte d’Ivoire. L’international représente désormais 25 % du chiffre d’affaires. « L’objectif est d’atteindre 50 % à l'horizon 2030 », indique le dirigeant.

Diversification, digital et IA au cœur de la trajectoire

Le groupe structure son développement autour de trois axes : diversification des métiers, diversification géographique et diversification des canaux de distribution. Cette organisation permet de lisser les cycles et de limiter la dépendance à un marché. Le courtier-grossiste combine distribution intermédiée et directe, avec environ 70 % de l’activité réalisée via des partenaires et 30 % en direct. Sur le plan technologique, April poursuit la transformation engagée depuis 2020, avec la modernisation des systèmes d’information, la digitalisation des parcours et le développement du e-commerce. L’intelligence artificielle constitue désormais un levier structurant. Le groupe déploie notamment NOA, un assistant conversationnel destiné aux courtiers, et entend généraliser ces usages. « Nous entrons dans une phase où l’intelligence artificielle devient centrale dans la distribution et l’expérience client », conclut Éric Maumy.

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