Charlotte Chevalier, directrice générale adjointe de BNP Paribas Cardif responsable France et Luxembourg, revient sur les résultats 2025 et donne les premières tendances de 2026. Une année où le bancassureur veut notamment poursuivre sa diversification sur l’assurance affinitaire en s’appuyant sur la puissance de son modèle partenarial.
Quels sont les points clés de la stratégie de développement de BNP Paribas Cardif en 2026 pour la France ?
Nos résultats 2025 ont été très bons et notre ambition est de poursuivre le développement de l’ensemble de nos activités. Nous avons un positionnement assez unique sur le marché français qui se distingue par une présence sur l’ensemble des réseaux de distribution. Nous nous appuyons sur le réseau bancaire du Groupe BNP Paribas, sa banque en ligne Hello Bank, ainsi que BNP Paribas Personal Finance pour le crédit à la consommation, les conseillers en gestion de patrimoine, les courtiers ou encore les banques privées. Nous distribuons également nos produits en direct sur notre site en ligne Cardif.fr et avons noué des partenariats avec des acteurs de la grande distribution et des télécommunications dans le cadre de nos activités en assurance affinitaire. Ce véritable ADN partenarial qui combine expertise, savoir-faire, capacité d’animation des réseaux de distribution dans toute leur diversité et innovation, va nous permettre de continuer à générer de la croissance et de la satisfaction client.
En épargne, BNP Paribas Cardif a enregistré une hausse de 3 % de la collecte brute l’an passé. Comment se sont passés les premiers mois de 2026 ?
Le dynamisme de l’activité se poursuit sur ce premier trimestre avec une progression de 6 % de notre collecte brute sur les trois premiers mois de 2026.
Vous êtes également présent au Luxembourg, qui marche actuellement fort en termes de collecte. Le constatez-vous dans vos chiffres ?
En 2025, notre collecte brute au Luxembourg atteint 3,7 Md€, en hausse de 16 % sur un an. Comme le reste du marché, nous continuons d’observer un engouement marqué de la clientèle française pour l’assurance vie luxembourgeoise, une tendance qui perdure. Par ailleurs, cet intérêt s’étend désormais à une clientèle « mass affluent » que nous voyons apparaître, qu’elle soit servie par des banques privées, des conseillers en gestion de patrimoine ou encore des courtiers digitaux.
En matière de rémunération, vous avez une politique de redistribution qui accorde le même taux de rendement à 97 % des clients quel que soit l’encours ou le taux d’unité de comptes. C’est un peu à contre-courant d’un marché de l’assurance vie où les bonus prennent beaucoup d’importance dans la communication. Pourquoi ce choix ?
Aujourd’hui, quel que soit le canal par lequel les clients souscrivent nos contrats, le montant de leurs encours, leur allocation d’actifs ou l’ancienneté de leur contrat, nous leur offrons lisibilité et stabilité. C’est un facteur d’engagement et d’accompagnement dans la durée, au sein d’un marché où il est parfois difficile de s’y retrouver. Nous voulons servir à nos épargnants un rendement prévisible avec un fond en euros performant afin d’accompagner le financement de leurs projets.
Votre activité de « protection » augmente de 3 % à 2 Md€ l’an passé. Pouvez-vous nous détailler les dynamiques métiers à l’intérieur de ce chiffre ?
Chez BNP Paribas Cardif, l’assurance de protection englobe l’assurance de l’emprunteur, la prévoyance individuelle, l’IARD et l’assurance affinitaire. Notre activité est en croissance, avec des dynamiques et des enjeux spécifiques à chaque segment. En assurance emprunteur, l’activité est étroitement corrélée au comportement du marché du crédit immobilier et aux évolutions réglementaires. En prévoyance individuelle, activité que nous exerçons aussi bien en bancassurance avec le Groupe BNP Paribas qu’avec le courtage, l’activité se développe bien. Nous venons d’ailleurs de lancer Solution Prévoyance Pro une nouvelle offre sur mesure pour les professionnels accessible dans le réseau d’agences de BNP Paribas.
Comment évolue votre activité en assurance IARD ?
Nous proposons une gamme complète de produits d’assurance dommages développée par Cardif IARD, la joint-venture que nous détenons aux côtés de Matmut. L’année dernière, l’activité réalisée via les agences bancaires de BNP Paribas et la banque en ligne Hello Bank a enregistré une croissance de 12,5 %, et un chiffre d’affaires de 288 M€ à fin 2025. Avec un taux d’équipement légèrement supérieur à 10 %, nous sommes sur la voie de l’objectif de 12 % fixé au démarrage et qui reste inchangé. En MRH, nous avons également un partenariat avec Lemonade, pour une offre distribuée en direct en ligne sur les sites de Cardif.fr et Lemonade et par Nickel. L’an passé, nous avons franchi le cap des 100 000 assurés en portefeuille.
Vous affichez des ambitions de développement dans l’assurance affinitaire. Quelles sont-elles ?
Nous souhaitons en effet poursuivre notre croissance sur ce marché, qui est une source de diversification pour BNP Paribas Cardif. En France, où nous avons déjà d’importants partenariats avec des enseignes comme Orange et Boulanger, nous comptons sur l’innovation produit et la technologie pour développer nos activités. Nous travaillons par exemple sur des offres très simples et modulables de protection du foyer. Côté technologie, l’intelligence artificielle nous permet déjà d’accepter automatiquement une part très importante des sinistres dans le cadre de notre partenariat avec Orange.
Comment votre contrat groupe en emprunteur résiste-t-il dans un environnement de marché complexe ?
C’est un marché qui a en effet beaucoup évolué, à la fois sous l’effet du contexte macroéconomique et de la remontée des taux, mais aussi de la réglementation qui a favorisé le développement des contrats individuels. Dans ce cadre, il est important que les assureurs continuent à jouer leur rôle de mutualisation et nous y œuvrons. En accord avec notre mission de rendre l’assurance plus accessible, nous poursuivons notre engagement pour rendre nos produits plus inclusifs. Nous avons noué des partenariats et collaborons de manière étroite avec le monde de la médecine pour traduire les avancées de la recherche dans nos produits au profit d’un nombre croissant de pathologies. Depuis l’année dernière, les patients ayant surmonté un cancer du sein, de la prostate ou des testicules ont accès à des solutions d’assurance emprunteur immobilier sans surprime ni exclusion. Et nous allons étendre ces mesures aux personnes atteintes de drépanocytose.
Vous avez-vous-même développé une offre alternative individuelle en emprunteur. Comment gérez-vous le fait d’être des deux côtés de la barrière, à la fois bancassureur et alternatif ?
Notre présence sur les deux marchés est une force. C’est une vraie complémentarité qui nous permet de couvrir les besoins de tous les emprunteurs avec une offre très mutualisante et un produit pour celles et ceux qui recherchent des propositions plus personnalisées. Nous avons de bonnes positions avec notre contrat individuel distribué par les courtiers et sur notre site internet, et, côté banque, nous sommes attentifs à respecter la lettre et l’esprit de la loi Lemoine et de la substitution.