Adrien Couret, directeur général d’Aéma groupe

«2025 a été une année de consolidation pour Aéma groupe»

Publié le 7 mai 2026 à 9h00

Louis-Christian de Baudus    Temps de lecture 5 minutes

Aéma groupe signe en 2025 ses meilleurs résultats, avec 18,6 Md€ de chiffre d’affaires et 326 M€ de résultat, dans un contexte encore marqué par les tensions économiques. Une performance qui valide la stratégie d’intégration, selon Adrien Couret, à la tête du groupe mutualiste. Retrouvez l'intégralité de cette interview dans le numéro de mai de La Tribune de l'assurance.

Quels éléments pouvez-vous donner sur les résultats 2025 d’Aéma groupe ?

2025 marque un tournant pour Aéma groupe. C’est à la fois l’année de nos 5 ans et celle de nos meilleurs résultats, ce qui vient valider le pari d’intégration engagé en 2021 malgré un contexte difficile (crise sanitaire, inflation, hausse des taux, tensions géopolitiques). Le groupe s’est profondément transformé avec, successivement, la constitution d’un périmètre cohérent avec la Macif, Aésio mutuelle, puis l’acquisition d’Abeille assurances et la construction d’Ofi Invest, en misant sur la complémentarité des modèles. Le chiffre d’affaires atteint 18,6 Md€ (+15,2 %), avec une progression sur tous les métiers (IARD, assurance vie, santé et prévoyance). En assurance vie, le lancement d’Afer génération constitue un vrai succès avec près de 1,1 Md€ de collecte brute dès la première année. Le résultat économique atteint 326 M€, soit 105 M€ de hausse par rapport à 2024. Pour la première fois, toutes les marques et tous les métiers sont à l’équilibre. Enfin, le ratio de solvabilité progresse à 212 % (contre 171 % en 2024), renforçant la solidité du groupe et notre capacité à faire face sereinement aux échéances de désendettement de 2027 et 2028.

Quelles ont été les réalisations marquantes du groupe en 2025 ?

L’année 2025 est avant tout une année de consolidation. Le groupe est engagé dans son deuxième plan stratégique « Aéma 2026 : À vos marques ! », structuré autour de deux priorités : consolider les marques et développer les synergies. Concrètement, la Macif a pleinement intégré la santé-prévoyance sous la marque Macif santé prévoyance, avec des gains en cohérence commerciale, marketing et organisationnelle. Aésio mutuelle est revenue à l’équilibre, tandis qu’Abeille assurances a accéléré son redressement. Ofi Invest poursuit son intégration, avec une rationalisation des gammes permettant une amélioration notable de l’efficacité opérationnelle, avec un coefficient d’exploitation en baisse de 8 points. En parallèle, nous avons lancé un programme structuré de synergies internes (achats, mutualisations, fonctions transverses), visant plus de 100 M€ d’économies sur trois ans. Le nouveau siège du groupe, Keiko, incarne par ailleurs cette dynamique collective. 2025 est donc une année clé de structuration et de mise en ordre de bataille pour la suite.

Comment le groupe accompagne-t-il le redressement d’Aésio mutuelle et d’Abeille assurances ?

Les redressements sont aujourd’hui aboutis ou très avancés. 2025 est une année charnière avec un rééquilibrage des contributions : avant traitements de consolidation, la Macif représente désormais environ 40 % des résultats, Abeille assurances environ 25 % et Aésio mutuelle et Ofi Invest 17 % chacun. Aésio mutuelle a clairement franchi son point de retournement et son redressement est désormais consolidé. Abeille assurances converge progressivement vers les standards de la Macif en IARD, avec encore un à deux ans nécessaires pour finaliser cette transformation.

La répartition actuelle des activités d’Aéma groupe vous paraît-elle optimale ?

Sur le marché français, nous affichons des positions solides, avec des parts de marché de l’ordre de 10 à 15 % selon les segments et un effet de diversification sous Solvabilité II d’environ 2,7 Md€. En gestion d’actifs, nous atteignons désormais 210 Md€ d’actifs sous gestion. Nos réflexions stratégiques portent désormais sur des activités connexes à l’assurance (prévention, soin, réparation, réassurance), dans une logique d’intégration accrue de la chaîne de valeur. La création de la captive M Réassurance s’inscrit pleinement dans cette démarche. À plus long terme, la question d’une diversification internationale pourra également se poser, même si elle reste complexe et doit être abordée avec pragmatisme.

Êtes-vous satisfait du partenariat avec l’Afer ?

L’Afer est un partenaire très important avec lequel nous avons construit une vraie relation de confiance. L’association met sa crédibilité, sa marque, le poids de sa gouvernance et l’engagement de son président au service du développement de l’association et d’Abeille assurances. De notre côté, nous mettons sans ambiguïté la puissance et les compétences de nos réseaux de distribution au bénéfice de l’Afer. L’association vient de fêter ses 50 ans et je suis très confiant pour les cinquante prochaines années.

Comment comptez-vous agir pour faire de la prévention un véritable levier au service de l’assurabilité et des assurés ?

Notre vecteur principal demeure l’action de terrain, mais le game changer n’est pas là. Les assureurs doivent travailler ensemble sur les expositions les plus systémiques en créant des lieux pour mettre les sujets de prévention collective sur la table et concentrer les moyens, comme le secteur l’a fait lors de la création de l’association Prévention routière. Nous devrions, sur le même modèle, avoir une association Prévention climat et une association Prévention santé pour partager les analyses, les diagnostics et les axes qui nous permettront de progresser sur ces sujets dans un lieu protégé des aléas court-termistes. C’est à cette condition que la prévention pourra devenir un véritable levier d’assurabilité.

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