Assurance vie

Record de collecte brute pour l’assurance vie en 2025

Publié le 28 janvier 2026 à 9h00

Louis-Christian de Baudus    Temps de lecture 4 minutes

France assureurs a présenté des chiffres 2025 de l’assurance vie qui confirment la très bonne tenue du marché avec un chiffre d’affaires au plus haut. L’occasion aussi, dans le contexte agité du débat budgétaire, de faire passer les messages d’une assurance vie populaire, au service de l’économie.

Le dernier mois de l’année 2025 a enfoncé le clou d’une année 2025 de presque tous les records pour l’assurance vie : des encaissements de 16,1 Md€, le plus haut niveau jamais atteint pour un mois de décembre pour une collecte nette de 1,2 Md€ malgré une hausse de 15 % des prestations à 14,9 Md€. Un dernier chiffre en forme d’anomalie. « Nous avons observé des prestations en diminution tout au long de l’année mais le mois de décembre acte une hausse relativement sensible que nous ne qualifions cependant pas d’inversion de courbe », commente Paul Esmein (en photo). « Est-ce qu’il y a un lien avec l’actualité fiscale ou les incertitudes autour du projet de loi de Finances ? Nous n’en sommes pas totalement convaincus », ne s’explique pas le directeur général de France assureurs en préférant regarder la photographie de l’année 2025 dans son ensemble. « On peut décortiquer les chiffres mois par mois, mais à la fin c’est la tendance qui compte », recadre-t-il ainsi.

Les fonds euros repassent au vert

Et la tendance aura été ultra favorable en 2025. En collecte brute, l’assurance vie a même battu tous les records en flirtant avec les 200 M€ de cotisations encaissées. À 192,1 Md€, le chiffre d'affaires progresse de 10% sur un an. Soustraction faite des 141,4 Md€ de prestations, en baisse de 3%, la collecte nette apparaît positive de 50,6 Md€, un montant presque deux fois supérieur à celui de 2024. « Ce n’est pas un record absolu », prévient toutefois Paul Esmein en rappelant les 64,8 Md€ nets dégagés par l’assurance vie en 2006, mais également les performances supérieures à 50 Md€ observées lors des millésimes 2005, 2007, 2009 et 2010. Mais dans ces années, la structure des flux était très différente, avec une part majoritaire de la collecte nette constatée sur les fonds euros. Un mouvement qui s’est inversé au début des années 2010, lorsque les taux bas ont commencé à enrayer la mécanique traditionnelle de l’assurance vie et fait tourner le moteur de la collecte nette autour des unités de compte. Mais cette tendance s’infléchit clairement en 2025 : pour la première fois depuis 2020, les fonds euros affichent une collecte nette positive (8,1 Md€). « C’est quand même un phénomène marquant qui signifie un véritable intérêt pour ce support », ne minimise pas le directeur général de France assureurs. Les bons taux servis par le marché l’an passé, et qui semblent se maintenir dans les mêmes eaux cette année, ne sont sans doute pas étrangers à l’appétit des épargnants pour les fonds euros.

Les encours de l’assurance vie ont doublé en dix ans

L’occasion pour la fédération de rappeler le caractère à la fois populaire et long terme d’une assurance vie qui, avec une aiguille arrêtée sur 2 107 Md€ au 31 décembre 2025, a vu ses encours plus que doubler en dix ans. « Le contrat d’assurance vie est un produit qui, par nature, permet de concilier le besoin de sécurité et de liquidité attendue par les Français, avec un financement de l’économie qui permet d’avoir des rendements attractifs comparé à d’autres, produits qui présentent le même niveau de risque », synthétise Paul Esmein. En 2025, l’assurance vie représente 57 millions de contrats pour 20 millions de détenteurs, avec une durée moyenne de détention de 12,8 ans. « Un tiers des ouvriers, la moitié des cadres et plus d’un agriculteur sur deux détiennent un contrat d’assurance vie », souligne France assureurs.

Messages

Dans un contexte où les discussions budgétaires à l’Assemblée nationale et au Sénat ont débattu du caractère « productif ou improductif » de l’assurance vie, France assureurs a également profité de la présentation des chiffres de l’année 2025 pour (re)faire passer le message d’un encours au service du financement de l’économie puisque investi à 63% dans les actions, les obligations et l’immobilier d’entreprises à très grandes majorité européennes. Mais pas seulement. « Peu de monde sait qu’il y a, rien que sur les fonds euros, plus 8 Md€ qui viennent financer la Sécurité sociale à travers par exemple les obligations émises par la Cades*. Il y a également plusieurs centaines de millions d’euros pour financer les hôpitaux lorsqu’ils ont recours à de l’endettement », fait ainsi valoir Paul Esmein.

* Caisse d'amortissement de la dette sociale

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