Invité par l’Association nationale des journalistes de l’assurance (Anja), le directeur général d’Axa, Thomas Buberl, a évoqué les grandes lignes du prochain plan stratégique à l'horizon 2029 que l’assureur dévoilera officiellement le 21 septembre prochain. Une feuille de route qui va s’appuyer sur la continuité du développement de la croissance organique et la montée en puissance de l’IA.
Dernière année du plan stratégique triennal « Unlock the future », 2026 est aussi l’occasion pour le groupe Axa de se pencher sur sa prochaine feuille de route. À l’issue d’une année 2025 qui a battu des records en termes de chiffre d’affaires et de résultats, l’assureur veut continuer de miser sur la croissance organique et une excellence technique au centre des attentions du groupe depuis trois ans. « Nous allons présenter un plan qui s’inscrira dans la même logique que le plan précédent, caractérisé par le développement organique », confirme Thomas Buberl aux journalistes de l’Anja. Depuis dix ans, le groupe est passé par plusieurs phases. Celle, d’abord, du repositionnement des risques financiers en direction des risques techniques et de la rationalisation de son implantation géographique. Celle, ensuite, d’un focus sur le service client et la digitalisation de l’interface, tout en renforçant le bilan et sa capacité à créer du cash. « Nous sommes maintenant dans la troisième phase de l’excellence technique. Ce qui veut dire travailler encore plus sur notre souscription et notre productivité avec la question de l’IA en toile de fond. Et si je dois vous donner une hypothèse sur le plan qui viendra après celui que nous présenterons le 21 septembre, je pense que celui-ci sera 100 % IA », prophétise le directeur général d’Axa. Mais pour l’heure, les années qui s’ouvrent seront encore celles de l’excellence technique, avec une priorité cette fois accordée aux activités vie et santé. « Nous avons aujourd’hui une performance remarquable sur la partie dommages, mais nous ne sommes pas encore au même niveau sur la partie santé et vie. L’idée est donc de voir comment nous pouvons copier-coller le succès du P&C au L&H », se projette Thomas Buberl.
À lire aussi
Faire mieux avec moins
Pour continuer sur le chemin de l’excellence technique, la compagnie veut mieux faire rimer efficacité et simplicité. « Le coût unitaire par contrat dans les entités doit baisser dans le temps. Il faut faire mieux avec moins », livre le dirigeant en insistant sur l’apport de l’intelligence artificielle. À l’occasion de la présentation de ses résultats le 26 février dernier, le groupe avait annoncé des investissements « massifs » en la matière. « Nous avons déjà réalisé beaucoup d’investissement dans l’éducation de nos collaborateurs et dans la question du pilotage de l’IA. Nous voulons maintenant nous concentrer sur son déploiement dans la souscription et la gestion de la sinistralité », valide Thomas Buberl. Pour une raison simple : « Sur 100 € de primes, vous avez à peu près 70 € qui sont des sinistres. Ce serait une grande erreur de ne pas focaliser nos ressources pour faire baisser cette charge », prévient-il.
Les bonnes priorités
Dans l'esprit du directeur général d’Axa, l’idée de mieux utiliser la montagne de données dont l’assureur dispose s'impose. « Nous avons 3,5 milliards de documents et j’aimerais utiliser ces données pour travailler à une meilleure souscription et à l’excellence de la gestion des sinistres », explique-t-il sans forcément voir l’IA comme une lame de fond qui viendra massivement trancher dans les effectifs du groupe. « Je me dis qu’il y a peut-être un scénario dans lequel il y aura davantage de travail. Parce que le risque est en train d’exploser et que la seule manière de mieux le maîtriser est d’appliquer la prévention. Je pense que les métiers de demain seront articulés autour de cela. Quelqu’un qui gère aujourd’hui un sinistre auto pourrait facilement aider à éviter ce même sinistre demain. C’est exactement la même compétence. Ce n’est pas donc si difficile de trouver un discours motivant pour les collaborateurs à propos de l’IA. Mais il faut aller vers les bonnes priorités en se focalisant sur les grands blocs, parce que c’est là où on peut faire la différence », juge-t-il.