Le Groupe Vyv poursuit ses efforts sur la voie de l'exemplarité environnementale. La directrice durabilité du groupe, Célia Kharif, détaille la stratégie mise en place et les résultats obtenus.
Le Groupe Vyv est engagé sur les problématiques de santé liées à l’environnement. Quel bilan tirez-vous ?
L’ambition du Groupe Vyv, inscrite dans notre plan stratégique Vyv2025, est d’être exemplaire en matière d’empreinte environnementale. On le sait, les crises climatiques (canicules, inondations…) et l’érosion de la biodiversité ont un impact direct sur la santé, y compris sur la santé mentale. Dans ce cadre, nous nous sommes fixé un objectif de réduction de nos émissions de gaz à effet de serre (GES) en effectuant le bilan carbone de toutes nos entités et mis en place des plans de décarbonation alignés avec la science et l’Accord de Paris.
Concrètement, comment avez-vous structuré votre stratégie climat ?
Toutes les entités du Groupe Vyv se sont dotées d’une stratégie climat basée sur la méthode ACT Pas à Pas de l’Ademe. C’est une méthode progressive qui permet d’aller au fond des sujets, d’impliquer l’ensemble des métiers (achats, communication, etc.) et de transformer des ambitions climat en actions concrètes. À l’échelle d’une entité, cela se traduit par une centaine d’actions pilotées et suivies.
Quels sont vos principaux postes d’émissions et sur quels leviers agissez-vous ?
À l’échelle d’un groupe mutualiste comme le nôtre, le bilan carbone est d’environ 5 millions de tonnes de CO₂. 90 % des émissions de GES sont liées aux investissements durables ; dans le « bilan carbone fonctionnement », donc hors investissements, environ 80 % des émissions de GES sont liées aux achats. Nous concentrons donc l’effort sur les achats, les investissements et la mobilité.
Sur les achats et les investissements, quelles mesures avez-vous engagées ?
Une politique d’achats responsables a été mise en place (ESS, environnement, inclusion & diversité, gouvernance) avec l’objectif d’intégrer un critère carbone dans les appels d’offres des prestataires les plus émissifs, et de collecter le bilan carbone de nos 50 principaux fournisseurs pour vérifier leur engagement dans la transition ou les y inciter. Côté investissements, une politique ISR vise à intégrer des critères ESG dans les nouveaux investissements avec une logique d’exclusions (notamment sur les énergies fossiles, biocides, etc.) et des investissements thématiques. Exemple : l’UMR, l’entité épargne et retraite du Groupe Vyv, a investi plus de 30 M€ dans le fonds forêt « Brocéliande » axé sur une gestion durable des forêts et la préservation de la biodiversité.
Au-delà de la réduction des émissions, que faites-vous sur l’adaptation et la mobilisation interne ?
Nous déployons des actions de formation et de sensibilisation : un MOOC «climat et biodiversité» (1h30) suivi par 12 000 collaborateurs, une «fresque santé-environnement» et des outils pédagogiques (dont un serious game accessible en open source). Nous testons aussi des solutions : en janvier démarre une expérimentation avec Unis-Cité sur l’éco-anxiété auprès de 200 jeunes (16-25 ans), avec un bilan prévu en juin et un possible élargissement. Nous agissons également sur l’habitat à travers le label Mon Logement Santé (pour les nouvelles constructions du parc). Nous avons lancé une expérimentation autour de l’alimentation (un déterminant de santé clé) en lien avec la démarche « Manger mieux et local » au sein d’un établissement de soins médical et de réadaptation à l’Arbizon (Hautes-Pyrénées). Ce projet concentrait plusieurs objectifs : réintégrer une cuisine « fait maison », travailler avec des producteurs locaux, réduire l’impact carbone et les déchets, en travaillant des produits bruts. Toutes ces actions témoignent de notre volonté d’installer notre groupe comme acteur majeur du défi santé-environnement que nous portons.