L’ANALYSE DU MOIS DE S&P GLOBAL RATINGS

Opportunités pour les assureurs étrangers en Chine

Publié le 11 janvier 2018 à 8h00

Simon Virmaux   La Tribune de l'Assurance

Simon Virmaux
analyste crédit junior

Les Chinois cherchent également de plus en plus à protéger leur patrimoine via l’assurance vie. La progression rapide du secteur de l’assurance en Chine a contribué à accroître la volatilité des résultats de certains acteurs. De fait, elle a aussi entraîné une surveillance accrue du régulateur chinois. La China Insurance Regulatory Commission (CIRC) a amorcé de nombreux changements pour discipliner les pratiques de marché. Elle souhaite également attirer des capitaux étrangers en allégeant les restrictions concernant la détention d’institutions financières par des investisseurs étrangers. Nous pensons que ces derniers verront donc un intérêt certain à acquérir des entités chinoises domestiques de petite ou moyenne taille ou à gagner le contrôle de joint-ventures déjà existantes. Si la Chine n’a pas encore annoncé de règles officielles, le Conseil d’État s’est engagé à réduire ou lever les limites sur les participations étrangères dans certaines institutions financières, incluant les compagnies d’assurance, et ce au cours des années à venir. Rappelons que jusqu’à présent, les investisseurs étrangers ont interdiction de détenir une part majoritaire dans une institution financière. Nous pensons qu’il est dans l’intérêt de la Chine d’ouvrir son marché intérieur afin de renforcer son système financier, et de profiter des meilleures pratiques internationales en termes de gouvernance, de gestion des risques et de gestion opérationnelle.

Cependant, cette internationalisation ne changera probablement pas le leadership des entités domestiques : les entrants étrangers s’appuieront sur des franchises locales pour se développer et interagir avec leurs clients et prospects. Le secteur de l’assurance peut pleinement profiter de ces changements à venir dans la mesure où le niveau actuel des participations étrangères est particulièrement faible. À titre d’exemple, les 28 entités d’assurance vie étrangères représentent 6,5 % des primes brutes émises en Chine à août 2017 (contre 6,3 % en 2016). Pour le moment, les différences de management et d’appétit au risque ralentissent les coopérations si bien que certains acteurs étrangers ont réduit leurs investissements au cours des dernières années. Avec une part majoritaire, ces derniers pourront mieux influencer certaines décisions. Nous pensons que nombre d’assureurs saisiront des opportunités, voyant les intérêts de chacun mieux alignés.

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