À mi-chemin de son mandat de deux ans, le président de l’Orias, Vincent Besneux, fait le point sur l’actualité de l’association. Avec le secrétaire général, Jérôme Speroni, ils reviennent sur le développement des actions de communication menées auprès des professionnels que l’Orias souhaite étendre en direction du grand public. Retrouvez l'intégralité de cette interview dans le numéro daté de janvier 2026 de La Tribune de l'assurance.
Vous avez été nommé président de l’Orias le 1er janvier 2025. Quel bilan tirez-vous après un an d’exercice de votre mandat ?
Vincent Besneux : En 2025, nous avons fait un premier choix d’aller vers les intermédiaires en assurance, banque et finance en systématisant notamment nos publications sur LinkedIn. Si l’objectif est, bien entendu, de mieux se faire connaître des professionnels, ces posts permettent, chaque semaine, de les éclairer sur les sujets liés à leur inscription. Mais aussi, par effet de rebond, de traiter des sujets en lien avec la protection de la clientèle. La communauté LinkedIn de l’Orias compte désormais plus de 10 000 abonnés, c’est un bon début !
Faut-il aller plus loin dans la communication, notamment pour mieux vous faire connaître du grand public ?
V.B. : Oui, et c’est ce que nous souhaitons faire en 2026 avec un élargissement progressif de la communication de l’Orias en direction du client. Pour cela, nous envisageons de mettre en place des actions de sensibilisation en commun avec l’ACPR, voire avec d’autres organismes ou institutions. Il nous faudra aussi penser notre présence sur les réseaux sociaux grand public. Tout cela, bien sûr, en restant à la place qui est la nôtre.
Jérôme Spéroni : Les actions que nous voulons mettre en place doivent en effet s’opérer dans les limites de notre mission. L’Orias n’a aucune vocation à être un label ou à s’immiscer d’une quelconque manière dans les pratiques des intermédiaires. En revanche, faire connaître le rôle de l’Orias à un maximum de nos concitoyens, c’est améliorer par exemple la vigilance sur les tentatives d’escroquerie. C’est concret.
La protection de la clientèle est un enjeu au cœur des préoccupations de l’ACPR et de la DGCCRF. Comment l’Orias souhaite-t-il apporter sa contribution à la lutte contre les mauvaises pratiques ?
J.S. : Attention, l’Orias n’a aucune mission de contrôle ni aucun pouvoir de sanction, à la différence de la DGCCRF ou de l’ACPR. Nous n’avons pas de doctrine en matière de pratiques de marché, ce n’est pas notre rôle. En revanche, nous pouvons contribuer à l’information du client. C’est dans ce sens que nous essayons d’avancer.
V.B. : Notre regard se tourne ici exclusivement vers le client. Nous avons par exemple une vraie marge de progression pour faire savoir que le registre de l’Orias dispose des données publiques de contact des intermédiaires, depuis le 1er juin 2023, afin de lutter contre les arnaques avec usurpation de l’identité de l’intermédiaire. À l’échelle de l’Orias, notre enjeu est d’apporter notre contribution au très vaste sujet de l’éducation financière.
Le contrôle de la condition d’honorabilité est au cœur de votre mission. Vous avez prononcé 37 suppressions en 2024. Quelle analyse tendancielle en faites-vous ?
J.S. : Nous ne voyons pas d’évolution significative sur ce sujet à travers les chiffres. Les volumes de suppressions sont relativement faibles et constants, ce qui ne permet pas de dégager des interprétations.
V.B. : Il est important de dire que tous les intermédiaires en assurance, banque et finance exercent des professions réglementées, avec un haut niveau d’exigence. Rappelons que le législateur français a aligné les exigences d’honorabilité des intermédiaires sur celles des dirigeants d’assurance. On ne doit pas pouvoir tricher lorsqu’on travaille avec les risques ou les besoins d’épargne de nos concitoyens.
Pouvez-vous nous donner quelques indications sur la campagne de renouvellement des inscriptions à l’Orias ?
J.S. : Nous nous orientons vers un volume d’intermédiaires un peu supérieur à celui de l’an dernier, avec un chiffre qui devrait tourner autour des 122 500 inscriptions pour un peu plus de 72 000 entreprises. C’est un peu plus volumineux que les années précédentes.
V.B. : Nous avons préparé les renouvellements en amont avec la mise à niveau de notre prestataire informatique, en listant les points de vigilance compte tenu des déboires que nous avons connus l’année dernière à la suite d’emails de relance injustifiés.
D’une manière générale, comment travaillez-vous aujourd’hui avec l’ACPR et les associations professionnelles ?
J.S. : Nous entretenons d’excellentes relations avec l’ACPR. D’abord, dans le périmètre des échanges organisés par la loi, puis dans le cadre de rencontres régulières pour discuter de certains sujets spécifiques.
V.B. : Beaucoup se sont tournés vers l’Orias au sujet de la représentativité des associations professionnelles agréées. C’est un tort, le rôle de l’Orias se borne à transmettre les données brutes à l’ACPR. Elles sont aussi dans le rapport annuel de l’Orias, adressé au ministre de l’Économie comme la loi le prévoit. C’est ensuite à l’ACPR d’analyser ces chiffres avec les autres éléments constitutifs de l’agrément des associations. Par ailleurs, l’Orias entretient des relations régulières avec les associations professionnelles, notamment dans l’intérêt des intermédiaires, afin que leurs démarches soient aussi simples et rapides que possible.
Propos recueillis par Louis-Christian de Baudus