La filiale française de l’assureur bermudien monte en puissance et veut peser sur le marché français des risques d’entreprise de responsabilité civile. Patrick Richard, directeur RC, et Virginie du Parc Locmaria, souscriptrice senior, présentent les ambitions d‘Arch Insurance en France pour la RC.
Quelles sont vos ambitions sur le marché français de la responsabilité civile ?
Patrick Richard : Historiquement, le groupe Arch est un leader sur les branches dites à déroulement long et a déjà développé une expertise forte sur des marchés très matures comme les États-Unis ou le Royaume-Uni. Il était donc naturel de proposer une offre en responsabilité civile pour le marché français. L’année 2025 s’est bien terminée, le flux des affaires que nous avons reçu et le bilan des renouvellements nous ont conforté dans ce choix. L’offre en RC complète donc à présent chez Arch à Paris la souscription des risques cyber et des lignes financières.
Quels défis devrez-vous relever pour accomplir ces ambitions ?
Virginie du Parc Locmaria : En France, le marché de la RC est très mature et concurrentiel. Nous disposons d’une grande autonomie de souscription, de fortes capacités, et de la solidité financière de notre maison mère Arch Capital Group. Notre agilité nous permet aussi d’apporter aux courtiers des solutions complètes sur des projets complexes, grâce à notre expertise, notamment sur des secteurs de pointe comme pour le secteur de la Tech, de l’aéronautique, du nucléaire, des énergies renouvelables ou de la construction. Nous ne souhaitons pas être un simple fournisseur de capacités, mais au contraire peser sur les dossiers à forte valeur ajoutée.
Avec quels produits et services comptez-vous aborder le marché de la responsabilité civile ?
VdPL : Nous nous positionnons sur une large gamme d’affaires dans des secteurs d’activité variés à la fois en première ligne sur le segment « haut » des PME/ETI mais aussi sur les affaires large corporate en excess pour le moment. Nous restons ouverts aux sollicitations de nos partenaires dans le respect des grands équilibres de notre branche, notre appétit au risque étant large. Nous allons d’autre part développer nos offres en régions où nous avons déjà de nombreux contacts qui compléteront notre positionnement sur le marché en général.
Quel bilan tirez-vous des renouvellements au début janvier sur ce marché ?
PR : Le marché français de la RC reste dynamique en dépit d’une pression observée sur les prix qui s’est accélérée depuis cet été. Certains acteurs ont réduit leurs engagements sur plusieurs secteurs d’activité et nous avons pu profiter de ces opportunités. Nous avons d’autre part essayé de saturer des placements existants par des offres complémentaires au travers des programmes en place. Enfin, de nombreuses affaires nouvelles dans des secteurs très variés nous ont permis d’asseoir notre marque avec nos courtiers privilégiés. Nous ouvrirons aussi d’autres codes courtier en 2026 pour élargir encore notre empreinte.
Concernant l’évolution de la branche : quelles remarques pouvez-vous faire ?
PR : Les contraintes sur les termes des polices ont été moins importantes cette année ; le marché français reste globalement plutôt discipliné sur des sujets comme le cyber, les PFAS et les clauses sanctions. Il n’y a pas eu de nouveaux périls susceptibles de changer fondamentalement l’appréciation des risques, l’inflation est d’autre part stabilisée. Néanmoins, la nouvelle directive européenne sur les produits défectueux dans le secteur du numérique et des systèmes d’IA devra être observée avec attention l’année prochaine. Les spécificités de ces technologies, par exemple sur l’étendue des définitions, vont intégrer le droit commun de manière dynamique, du fait des évolutions rapides propres à ces secteurs. L’enjeu pour nous sera de concilier l’innovation avec la protection des consommateurs tout en préservant l’équilibre des contrats d’assurance.
Quels indicateurs traduiraient le succès d’Arch en RC à un horizon d’un an ? Et de deux ans ?
PR : Nous prévoyons une croissance très forte de notre portefeuille pour les deux prochaines années et des ressources additionnelles seront sans doute nécessaires pour cela. Nous souhaitons continuer à développer un portefeuille d’affaires diversifiées, en nous concentrant sur les domaines où nous pouvons apporter une véritable valeur ajoutée pour nos partenaires et assurés.
VdPL : Nos courtiers partenaires continueront d’être essentiels pour nos ambitions en France. Nous voulons démontrer qu’Arch est un acteur pertinent avec une expertise approfondie et un fort engagement envers la collaboration.
PR : Arch se positionne comme un acteur de long terme et dans ce contexte la France est un pays où nous souhaitons jouer un rôle important.