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Népal : comment s'organise le rapatriement des ressortissants français

Publié le 2 septembre 2026 à 11h36

Sarah Noufi   La Tribune de l'Assurance  Temps de lecture 4 minutes

Une coulée de boue dévastatrice a frappé la frontière entre le Népal et le Tibet le 26 août et a causé une catastrophe humanitaire majeure sans précédent dans la région. Le bilan reste provisoire : 1130 morts et 4500 disparus sont recensés à ce jour, dont quatre Français. Cédric Ramaut, directeur médical d’Allianz Partners France, explique le fonctionnement du rapatriement des ressortissants français.

Lorsqu’une catastrophe survient à l’étranger, les sociétés d’assistance médicale françaises coordonnent leur réponse au sein de l’Union des assisteurs. Pour éviter que chaque acteur ne contacte séparément les autorités alors que les victimes et leur couverture d’assurance ne sont pas encore identifiées, un assisteur est désigné selon un système d’astreinte tournante. Actuellement, Fidélia occupe ce poste et sert d’interlocuteur opérationnel avec l’État. « Entre nous, il y a un seul point de contact pour fluidifier les échanges et faciliter la coordination avec les autorités », explique Cédric Ramaut, directeur médical d’Allianz Partners France.

Si un avion doit être affrété pour rapatrier plusieurs victimes, l’assisteur d’astreinte peut ainsi se coordonner avec l’État, avant de répartir les frais entre les sociétés concernées. Une fois les victimes identifiées, l’assisteur qui couvre la majorité d’entre elles peut toutefois reprendre directement le dossier. « Si, par exemple, il y a un événement qui va concerner à 90 % un assisteur et pas un autre, […] c’est lui qui prendra la main et discutera en priorité avec l’État », ajoute Cédric Ramaut.

Qui paie ?

Le prix dépend de l’état du patient et du dispositif nécessaire. Une civière à bord d’un avion de ligne coûte à elle seule environ 30 000 à 40 000 €. Avec le personnel médical, les ambulances, les hôtels et les autres frais logistiques, le rapatriement peut atteindre 50 000 à 60 000 €. Pour plusieurs patients, les assisteurs peuvent affréter un avion. « Ça peut coûter entre 200 000 et 300 000 € », indique Cédric Ramaut. Il s’agit du coût de l’appareil, qui peut transporter trois ou quatre patients, et non du prix par personne.

Pour quelques assurés, l’assisteur prend en charge le rapatriement prévu par le contrat et informe l’État. « Sur une échelle de quelques individus, nous prenons la main tout en tenant l’État informé », résume-t-il. L’État peut en revanche intervenir lorsque l’ampleur de la catastrophe nécessite des moyens collectifs ou lorsque des Français ne disposent d’aucune couverture d’assurance. « Si des Français présents sur place n’ont pas de couverture d’assurance, l’État peut être amené à intervenir dans le cadre de ses missions de protection et de soutien aux ressortissants », détaille le directeur médical. Le Quai d’Orsay, via son Centre de crise et de soutien, assure de son côté la coordination de l’action de l’État et le suivi des ressortissants. L’ambassade de France à Katmandou travaille avec les autorités népalaises.

L’objectif est surtout de mutualiser les moyens. Lors du séisme de 2015 au Népal, les infrastructures médicales et l’aéroport de Katmandou avaient été fortement sollicités. Des moyens avaient alors été organisés conjointement avec l’État pour évacuer les victimes. « Il faut qu’il y ait une vraie coordination entre les différents moyens qui sont mis en place de façon à ne pas faire une cacophonie sur place », souligne Cédric Ramaut.

Pour les quatre Français toujours portés disparus, l’urgence reste donc d’abord de les localiser et de connaître leur état. Leur éventuel rapatriement ne pourra être organisé qu’une fois leur situation établie et leur couverture identifiée. « Pour l’instant, je n’ai pas connaissance d’un Français blessé. Je n’ai que ces quatre personnes qui sont portées disparues », conclut-il.

Assurance voyage : pas d’impact constaté à ce stade

Allianz Partners n’a pas été sollicité ni sur la partie assistance médicale, ni sur la partie assurance voyage. L’assisteur reste toutefois attentif à l’évolution de la situation. Selon les contrats souscrits, certaines garanties peuvent couvrir les annulations, interruptions ou retards de voyage. « À ce stade, nous n’avons pas constaté d’impact particulier lié à cet événement sur notre activité d’assurance voyage. Aucun dossier n’a été ouvert par des assurés français en lien avec ces inondations, ce qui peut notamment s’expliquer par le fait que le Népal et le Tibet restent des destinations relativement peu fréquentées par les voyageurs français », indique Allianz Partners.

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