Jean-Philippe Dogneton, directeur général du groupe Macif

« Macif dispose d’une solvabilité renforcée »

Publié le 5 novembre 2026 à 9h00

Louis-Christian de Baudus   La Tribune de l'Assurance  Temps de lecture 5 minutes

La Macif refermera son plan stratégique triennal à la fin de l’année 2026. Trois exercices durant lesquels la mutuelle a regroupé ses activités et son corps social autour d’une marque unique tout en accélérant son développement commercial et la refonte de ses offres. Jean-Philippe Dogneton, directeur général du groupe Macif, fait le point sur le chemin parcouru et livre quelques pistes pour le plan à venir. Retrouvez l'intégralité de cet entretien dans le numéro 328 daté de novembre de La Tribune de l'assurance.

Vous arrivez au bout du plan stratégique 2024-2026 « Impact Macif ». Quel bilan en tirez-vous ?

La fin d’Impact Macif marque une étape importante dans notre histoire en clôturant un cycle de transformation majeur. Nous arrivons au terme d’Impact Macif en bonne position. Le plan avait été mis en chantier début 2023 autour de 4 ambitions : le climat, le pouvoir d’achat, le lien intergénérationnel, la solidarité face aux enjeux de société. Ces ambitions sont plus que jamais d’actualité et au cœur des débats de la société française. C’est la preuve que la Macif a anticipé les sujets sociétaux. Résultat, les objectifs chiffrés sont atteints, voire dépassés aussi bien en termes d’activité, avec la réalisation de notre ambition d’un chiffre d’affaires à 8 Md€, que de conquête avec 6,5 millions de sociétaires largement au-delà de nos objectifs, que de redistribution. À l’issue du plan, Macif dispose d’une solvabilité renforcée qui va nous permettre de continuer à investir dans des partenariats et/ou des acquisitions structurantes, à l’instar de ce que nous faisons avec Cosmobilis dans le cadre du partenariat Macif Projet Auto ou de l’acquisition de Mondial Pare-Brise voilà trois ans, pour continuer à toujours mieux servir nos sociétaires.

Quels seront les grands axes de votre prochaine feuille de route ?

Le nouveau plan stratégique sera présenté début 2027 avec en parallèle l’évolution d’une organisation technique qui visera à marquer les grands axes du plan. Sachant que 2027 sera l’année de tous les dangers pour le secteur, le nouveau plan sera placé sous le signe de la conquête, du multi-équipement et du pouvoir d’achat.

Quelle place occupera l’IA dans ce prochain plan ? Avez-vous des certitudes face à la technologie ?

Il faut rester modeste face à cette transformation profonde. Pour le moment, la seule certitude que j’ai est celle que nous devons tous monter en gamme sur l’IA : le directeur général, le Codir, les salariés et les organisations syndicales, que j’attends comme challengers avec des idées et des positions. On voit bien que la gestion de sinistres est fortement impactée lors d’événements climatiques qui deviennent difficiles à gérer. Nos limites sont atteintes avec des plateformes téléphoniques et des experts qui saturent. Si nous voulons continuer à avoir une qualité de service, l’IA pourra nous aider, tout en permettant de concentrer l’humain sur ce qui a vraiment de la valeur. Si on prend l’exemple des incendies de cet été, ce n’est pas l’IA qui va gérer la situation de crise. Il fallait, et nous l’avons fait, une présence forte dans la relation. L’IA est un outil puissant pour les tâches simples, l’humain reste indispensable quand ça compte.

En automobile, vous lancez Macif Projet Auto, une plateforme développée avec Cosmobilis pour vendre des véhicules. À quels enjeux cela répond-il ?

Le point de départ a été de répondre à une problématique de pouvoir d’achat que n’adressent plus les constructeurs. Je me souviens d’un Mondial de l’auto post-Covid où je souhaitais voir les voitures coûtant moins de 20 000 €. Il fallait vraiment les chercher ! J’ai compris ce jour-là que nos concitoyens étaient les oubliés de la mobilité. Macif Projet Auto, c’est un moyen d’accompagner les sociétaires et prospects de bout en bout dans l’achat d’un véhicule (de la sélection, au conseil jusqu’à l’assurance). Enfin, c’est l’opportunité de remonter toute la chaîne de valeur de la distribution au financement et à la réparation. C’est un projet qui coche beaucoup de cases.

À l’image du rachat de Mondial Pare-Brise en 2024, peut-on s’attendre à voir la Macif développer d’autres schémas d’intégration verticale, en auto ou sur d’autres branches ?

Nous travaillons actuellement sur des sujets car je crois beaucoup à l’investissement vertical. Rester maître de sa chaîne de valeur est un enjeu stratégique : plus nous serons forts sur notre cœur de métier, plus nous pourrons construire autour et gagner d’autres espaces de légitimité.

Le secteur fait état d’une détente sur les prix de la réassurance. Dans un contexte qui redevient favorable aux cédantes, comment comptez-vous utiliser M Réassurance, la captive que vous avez créée l’an dernier ?

Heureusement, les réassureurs sont revenus à davantage de raison qu’en 2022 où ils ont tous observé un même mouvement haussier sur les tarifs et moins-disant sur les couvertures accordées. On peut désormais négocier à nouveau avec nos réassureurs des protections annuelles multibranches et revenir à des niveaux de rétention un peu plus acceptables. Pour autant, nous ne sommes pas revenus à des niveaux de protection comme dans le passé en matière de reconstitution d’événements ou de rétention. C’est la raison pour laquelle nous avons mis en place notre captive, voilà deux ans, M Réassurance, dont on va élargir le périmètre d’intervention dans les prochains mois avec sans doute une part des traités d’Abeille assurances et en y logeant aussi notre activité en matière d’assurance paramétrique.

Au sein d’Aéma, les synergies attendues sont-elles au rendez-vous ?

Les synergies au sein d’Aéma se font si elles sont utiles. Il n’y a aucun systématisme mais beaucoup de réalisme. Des comités métiers travaillent en grande proximité pour identifier et réaliser des sujets communs. C’est par exemple le cas en réassurance avec la négociation de traités communs ou les effets de massification des achats, de modélisation ou de pilotage des risques.

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