FM, assureur mondial spécialisé dans la protection des biens commerciaux et industriels des grands comptes, cherche à accompagner des entreprises aux profils plus modestes. David Hourtolou, directeur général des opérations de Paris, revient sur ce positionnement, évoque les risques les plus préoccupants du moment, et se positionne sur les conséquences du développement de l'IA.
FM est historiquement associée aux grands comptes. Quelle est votre cible aujourd’hui ?
FM a été fondée sur le principe de la prévention, en accompagnant les grands comptes qui ont la volonté et les moyens d’y investir. Mais en 2026, notre ambition est d’élargir ce modèle. Nos résultats sont excellents – en termes de fonds propres et de chiffre d’affaires – et nous souhaitons désormais nous adresser à toutes les entreprises qui ont une réelle démarche de résilience. Pour cela, nous développons des lignes de produits spécialisées : Essential, destinée aux PME et ETI avec un accompagnement sur le long terme, Intellium, orientée vers les data centers, et Renewables pour les énergies renouvelables. Nous sommes calibrés pour tous ces types de clientèle.
Quels sont les nouveaux produits attendus en 2026 ?
Nous poussons quatre spécialités cette année. Essential, pour étendre notre modèle mutualiste aux PME et ETI. Intellium, pour accompagner l’essor des data centers – un secteur en très forte croissance, avec des milliards d’investissements en région parisienne et à Marseille, sur lesquels nous mobilisons des ingénieurs spécialisés. Nous développons également une offre dédiée aux énergies renouvelables, avec un regard résolument préventionniste sur la conception des installations. Enfin, FM Affiliated continue d’accompagner les secteurs tertiaires et commerciaux.
Quels sont les risques les plus préoccupants pour vos clients en ce moment ?
Je vois trois grandes familles de risques. D’abord, le contexte géopolitique, qui impose une agilité accrue : des fournisseurs peuvent disparaître du jour au lendemain, des marchés sur lesquels on investissait devenir non rentables du fait de nouveaux tarifs douaniers. Ensuite, le risque climatique, qui évolue : on ne parle plus seulement de décarbonation, mais d’une augmentation de la fréquence et de la sévérité des risques physiques. Nous travaillons activement sur ce sujet, notamment avec notre nouveau centre de recherche qui ouvrira au Luxembourg en 2027, et nous sortirons mi-2026 une cartographie inédite du risque grêle. Enfin, l’IA et le risque cyber, qui bouleversent en profondeur les façons de travailler.
L’IA, c’est surtout un risque ou une opportunité pour FM ?
Les deux, sans doute – c’est toujours un peu l’un et l’autre lors d’un bouleversement technologique profond. Mais c’est avant tout une opportunité considérable pour nous. Le volume de données que nous accumulons – sur les sinistres, sur les recommandations terrain – peut désormais être traité avec une puissance de calcul sans précédent, pour améliorer nos modèles prédictifs. C’est dans cette logique que nous avons lancé notre Enterprise Resilience Report : un outil qui agrège toutes les recommandations faites à un client et lui restitue un top 10 des investissements prioritaires selon le meilleur ratio risque-bénéfice.
Quel est selon vous le principal atout de FM face aux mouvements de consolidation du marché ?
Notre force, c’est notre indépendance. FM est une mutuelle : nous appartenons à nos clients, pas aux marchés financiers. Cela nous confère une capitalisation en fonds propres bien supérieure à la moyenne du marché, ce qui nous permet de porter 100 % du risque de nos clients sans recourir à la coassurance. Sur les data centers par exemple, nous sommes capables de mobiliser jusqu’à 5 Md$ de capacité d’assurance. Cette stabilité financière et cette indépendance vis-à-vis des logiques d’acquisition nous permettent de nous inscrire dans le temps long – bientôt deux cents ans d’existence. C’est ce que nos clients apprécient profondément.