Bilan

L’assurance française au meilleur de sa forme en 2025

Publié le 26 mars 2026 à 11h00

Louis-Christian de Baudus    Temps de lecture 5 minutes

France assureurs présentait hier le bilan 2025 de l’assurance. Mais devant une photographie d’ensemble très favorable en assurance vie et solide en dommages, la fédération reste prudente et rappelle les défis qui pèsent notamment sur l’avenir de la protection sociale et l’évolution de la sinistralité climatique.

Toutes les flèches de l’assurance ont pointé vers le haut en 2025. En assurance vie, les cotisations ont augmenté de 9,8 % à 192,1 Md€. En santé-prévoyance, le chiffre d’affaires a progressé de 3,5% à 34,6 Md€. En assurance de biens et de responsabilités, les volumes ont gonflé de 7 % à 80,3 Md€. Des progressions qui masquent cependant des tendances différentes selon les branches d’activité.

L’assurance vie au beau fixe

Dans un contexte incertain, les Français ont massivement choisi de réfugier leur épargne dans l’assurance vie. En retranchant de la collecte brute record des prestations qui reculent de 3 % à 141 Md€, le solde net s’affiche à 50,6 Md€. Du jamais vu depuis quinze ans. Fait notable : la collecte nette des fonds euros, négative depuis cinq, repasse au vert avec un solde positif de 8,1 Md€. Une bonne nouvelle pour l’économie du pays. « En 2025, le montant total placé par les assureurs français vie et non-vie atteint près de 2 800 Md€. C’est l’équivalent de 93% du PIB pour un montant qui a plus que doublé en vingt ans tandis que la part réservée au financement des entreprises a augmenté significativement de 53 à 64%. Géographiquement, 81% des investissements sont réalisés en zone euro et 52% sont placés directement en France », fait valoir Florence Lustman.

Deux propositions pour le PER

Dans le sillage de l’assurance vie traditionnelle, et alors que les pouvoirs publics bloquent toujours sur la réforme du système de retraite par réparation, la retraite complémentaire et les PER assurantiels continuent d’avoir le vent en poupe. En six ans, ces produits ont séduit près de 8 millions d’assurés, dont un million de nouveaux souscripteurs enregistrés l’an passé. La collecte nette a représenté 11 Md€ pour des encours qui ont passé la barre symbolique des 100 Md€ (112 Md€ au 31/12/25). Pour encourager la dynamique, France assureurs formule deux propositions « sans coût pour les finances publiques et sans renchérir le coût du travail », précise Florence Lustman à toutes fins utiles. La première consacre une vieille ambition des assureurs vie de démocratiser les sorties en rente de produit retraite. Pas simple, mais la fédération souhaite rendre possible l’affectation de l’intéressement, de la participation et des abondements associés au compartiment des versements obligatoires du PER avec l’obligation d’une liquidation en rente. Dans une seconde proposition, France assureurs se positionne pour la mise en place d’un PER dans toutes les entreprises de plus de dix salariés, sans obligations de versement.

Tensions en santé-prévoyance

Malgré des volumes en progression de 3,5% sur un an, le marché de la santé-prévoyance continue de souffrir de tendances structurelles défavorables. « Le tableau d’ensemble est éloquent : les prestations en santé et prévoyance ont progressé de 30% en trois ans, contre 24% pour les cotisations », illustre Florence Lustman. En santé, où les cotisations progressent de 18,8 Md€ à 19,6 Md€ en 2025, la fédération mise sur la lutte contre la fraude et une refonte du contrat responsable qui ferait la part belle à la prévention pour sortir de « l’équation déficitaire ». « Le contrat responsable ne répond plus aux besoins de la population. Nous proposons d’encourager les assurés à suivre des parcours de prévention et de pouvoir les récompenser quand ils s’y engagent », formule Florence Lustman. En prévoyance, où les encaissements représentent 15 Md€ contre 14,6 Md€ en 2024, ce sont les arrêts maladie de longue durée qui préoccupent le marché. « Les assureurs se mobilisent en proposant des solutions d’accompagnement au retour à l’emploi après un arrêt long ou en participant activement à la Grande cause nationale 2025 de la santé mentale », rappelle la présidente de France assureurs.

Climatique dynamique

Même si les événements naturels d’ampleur ont été rares en 2025, le coût des climatiques n’a pas été neutre pour l’assurance en 2025. Avec une facture de 5,2 Md€, le millésime atterrit à la 9e des années les plus coûteuses pour le secteur. La faute à 2,2 Md€ déboursés au titre de la grêle – un péril qui n’est pas du ressort du régime Cat Nat – ou encore à une sécheresse qui a frappé à hauteur de 1 Md€ de dégâts. Au total, les assurances de dommages affichent certes une progression de 7% de chiffre d’affaires, mais celle-ci intègre cependant l’effet dopant de la surprime Cat Nat entrée en vigueur au 1er janvier 2025. Les prestations, en croissance de 3,3%, atteignent 56,3 Md€. Le ratio combiné de la branche s’établit à 98,2% (-1,8 point sur un an) mais avec des évolutions contrastées entre les risques. Pendant que le ratio en dommages aux biens s’améliore d’un point à 97,3%, celui de l’automobile passe de 100,3% à 101,3% sur un an. Pour éviter la dérive des équilibres en auto et en MRH, prévention et lutte contre les causes racines de l'inflation des coûts de réparation vont continuer de s'inscrire en tête de liste des priorités de la fédération.

Une solvabilité plus que solide

Face à l’ensemble de ces défis, l’assurance tient solidement debout avec des ratios de solvabilité qui atteignent 282% (+23 points) pour les sociétés non-vie et 231% (+6 points) pour les entreprises vie et mixtes. « Nous sommes très largement au-dessus des exigences réglementaires. La robustesse, ce n’est pas juste un chiffre, c’est la condition de notre promesse », insiste Florence Lustman.

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