Les entreprises n’ont jamais été aussi préoccupées par les risques politiques, mais ce ne sont plus seulement les zones de conflit qui les inquiètent.
Selon la neuvième édition de l’enquête annuelle de WTW sur les risques politiques, les tensions géopolitiques, les barrières commerciales et les formes de confrontation économique indirectes s’imposent désormais comme des menaces majeures pour l’activité. Fait marquant de cette édition : les États-Unis apparaissent pour la première fois comme le pays où les entreprises déclarent avoir subi le plus de pertes liées aux risques politiques, géopolitiques ou de crédit. Ils devancent la Chine, la Russie, l’Ukraine et l’Inde, illustrant la montée des incertitudes au sein de la première économie mondiale. L’étude met en lumière une évolution profonde de la nature des risques. Si les conflits armés demeurent une source de préoccupation, les entreprises redoutent davantage les barrières commerciales et les droits de douane. Quelque 61 % des répondants jugent ces mesures difficiles à gérer, loin devant les conflits internationaux. Les tensions politiques intérieures aux États-Unis sont désormais perçues comme le principal foyer de risque géopolitique mondial. Elles sont citées par 49 % des entreprises interrogées, devant le conflit au Moyen-Orient (46 %) et les tensions dans le détroit de Taïwan (32 %). Autre sujet d’inquiétude : les attaques dites en « zone grise » contre les infrastructures critiques. Câbles sous-marins, oléoducs ou réseaux électriques sont devenus des cibles privilégiées. Ces actions, menées en dehors d’un cadre militaire traditionnel, sont considérées comme la principale menace par 65 % des répondants. Face à cet environnement plus fragmenté, les entreprises adaptent leur organisation. Près de 84 % d’entre elles préparent ou envisagent une séparation structurelle entre leurs activités orientales et occidentales. Un niveau inédit depuis la création de l’enquête, qui témoigne de l’accélération du découplage économique entre les grands blocs géopolitiques.