Cinq ans après avoir piloté la naissance et la structuration d’Aéma groupe, Pascal Michard transmet la présidence à Béatrice Augier fin juin 2026. Une transition placée sous le signe de la continuité : la présidente entend poursuivre le développement du groupe en s’appuyant sur le principe de mutualisation, qu’elle considère comme le socle du modèle d’Aéma groupe.
Pascal Michard, vous avez quitté la présidence d’Aéma groupe après avoir accompagné le groupe depuis sa création. Quel regard portez-vous sur ces cinq années et quel héritage laissez-vous ?
Pascal Michard : Ces cinq années ont été celles de la construction d’Aéma groupe. En 2021, nous sommes partis d’une ambition partagée avec Macif et Aésio mutuelle de bâtir un groupe solide, capable de faire face aux crises successives que nous affrontons. Structuré autour de ses marques fondatrices, renforcé par l’intégration d’Abeille assurances et la création d’Ofi Invest, chaque étape de sa construction a été guidée par une vision stratégique claire. Aujourd’hui, les fondations sont solides. L’héritage est celui d’un projet devenu réalité, dont les effets sont déjà visibles tant sur le plan organisationnel qu’économique. C’est avant tout une réussite collective.
L’assurance fait aujourd’hui face à des mutations sans précédent. Quels seront les principaux défis des prochaines années ? Le groupe est-il suffisamment armé pour y répondre ?
Pascal Michard : Les assureurs sont confrontés à une accumulation de défis : changement climatique, tensions géopolitiques, évolutions démographiques, inflation, exigences réglementaires ou encore intelligence artificielle. Ces transformations doivent être appréhendées dans leur globalité. Dans ce contexte, Aéma groupe dispose d’atouts majeurs : sa taille, sa diversification et sa solidité qui lui permettent d’accompagner ces mutations dans la durée. Deux enjeux seront toutefois déterminants : maîtriser l’usage de l’intelligence artificielle, qui transforme déjà nos métiers, et attirer les talents capables de la mettre en œuvre. Car plus la technologie progressera, plus l’expertise humaine deviendra précieuse.
Après cette présidence, quelle sera votre feuille de route « personnelle » ?
Pascal Michard : Je conserverai encore quelques responsabilités pendant un temps, mais je souhaite avant tout transmettre le flambeau dans les meilleures conditions et consacrer davantage de temps à des projets plus personnels. Après ces années particulièrement intenses, il est temps, comme on dit, d’aller cultiver son jardin.
Béatrice Augier, pourquoi avoir accepté de prendre la présidence du groupe et quelles seront vos priorités ?
Béatrice Augier : Je participe à l’aventure Aéma groupe depuis sa création et, avant même la naissance du groupe, j’ai contribué, avec les administrateurs d’Aésio mutuelle et de la Macif, à construire ce projet. Cette présidence s’inscrit dans la continuité de notre gouvernance et constitue pour moi un immense honneur. Après plus de trente ans d’engagement au service du mutualisme, je souhaite poursuivre la dynamique engagée. Mes priorités seront de poursuivre notre projet, de développer l’accès à la protection pour tous et d’accompagner les grandes transitions qui transforment notre secteur et notre société. Continuer à innover, proposer toujours plus de services utiles et accessibles et ainsi renforcer notre performance et notre efficacité, sans jamais remplacer ce qui fait la force du mutualisme : la proximité, l’écoute et l’accompagnement humain.
Quelle sera votre touche personnelle ? Aéma groupe restera-t-il ouvert à de nouvelles opportunités de développement ?
Béatrice Augier : Je m’inscris pleinement dans la continuité de ce qui a été construit. Mon rôle sera aussi de continuer à faire converger les talents et les expertises afin de renforcer notre modèle. Quant au développement du groupe, nous resterons ouverts. Depuis sa création, Aéma groupe a démontré sa capacité à accueillir de nouveaux partenaires, à enrichir son offre et à faire évoluer son organisation sans jamais renoncer à ses valeurs. Si de nouvelles opportunités se présentent, elles seront examinées avec attention, dès lors qu’elles demeurent cohérentes avec notre stratégie et notre identité mutualiste.
Comment imaginez-vous le groupe dans cinq ans ?
Pascal Michard : Je souhaite avant tout qu’Aéma groupe conserve la capacité d’adaptation qui fait sa force depuis sa création. Sa diversité et son organisation lui permettent d’évoluer avec son environnement tout en poursuivant son développement. J’espère surtout que le groupe continuera de démontrer que le modèle mutualiste est performant, résilient et capable de répondre aux grands défis de notre époque.
Béatrice Augier : Nous savons que les prochaines années seront marquées par de nouveaux bouleversements. Notre responsabilité sera donc de continuer à anticiper pour nous adapter afin de toujours mieux répondre aux besoins de celles et ceux que nous protégeons et accompagnons. Aéma groupe possède également un modèle singulier. Nous avons réussi à réunir autour d’un même projet des acteurs aux cultures différentes et qui se reconnaissent aujourd’hui dans les valeurs de l’économie sociale et solidaire. Cette diversité constitue une véritable richesse qu’il faudra continuer à cultiver. Face aux crises successives, le mutualisme démontre sa capacité à concilier performance économique et utilité sociale. C’est sur cette ligne que nous projetons le groupe dans les années à venir.
Avec le recul, referiez-vous certaines choses différemment ?
Pascal Michard : Avec le recul, tout peut être perfectible. L’expérience apporte forcément un regard différent. Pour autant, je ne regrette aucune décision de fond. Nous avons toujours agi au mieux, avec les informations et les moyens dont nous disposions au moment où les choix ont été faits.
Le modèle mutualiste est-il aujourd’hui plus pertinent qu’il y a dix ans ?
Béatrice Augier : Le mutualisme est plus que jamais d’actualité. C’est un modèle qui a fait ses preuves face à l’adversité. Fondé sur le partage, il a en réalité toujours été avant-gardiste et précurseur. Plaçant la performance économique au service de l’intérêt général, le modèle mutualiste a toujours su traverser les crises et faire preuve de résilience. Un modèle qui place l’humain, la solidarité et l’utilité sociale au cœur de son action est toujours pertinent pour répondre aux attentes de la société et aux aspirations de nos concitoyens.