Au sortir d’une année 2025 record, Société générale assurances a confirmé le dynamisme de ses activités sur le début de l’année 2026. Un développement tiré par la bancassurance intégrée mais aussi par une activité partenariale qui joue un rôle moteur dans le « business model » de l’entreprise. Retrouvez l'intégralité de cet entretien dans le numéro de juillet-août de La Tribune de l'assurance.
Vous avez réalisé une année 2025 record. Quelles ont été les clés du succès l’an passé ?
2025 a en effet été une nouvelle année record. En termes de primes, nous avons atteint les 21 Md€ de chiffre d’affaires avec une croissance principalement tirée par l’assurance vie épargne, où nos encours se sont établis à 158 Md€ à fin 2025. Dans un marché qui a été très favorable à l’assurance vie, nous sommes convaincus de l’attractivité et de la performance de notre offre. La rémunération de notre fonds euros (3,12 % en 2025) nous place dans le haut du marché français, et nous proposons une gamme diversifiée et performante d’unités de compte. Cela résulte également d’un modèle de distribution efficace avec un socle de bancassurance intégrée complété par la distribution externe, à travers notamment nos filiales Oradéa vie en France et Sogelife au Luxembourg. Ces deux leviers de diversification, plutôt orientés sur le patrimonial et les CGP, tirent la croissance vers le haut et nous permettent d’aller chercher de la collecte nette supplémentaire.
On voit que le marché de l’assurance vie continue de collecter à un niveau encore plus élevé que l’an passé. Est-ce que vous vous inscrivez dans la même tendance ?
Le premier trimestre 2026 constitue pour Société générale assurances un point de record encore plus élevé que celui de 2025. Sur les trois premiers mois de l’année, notre collecte nette s’établit à 2,6 Md€. Elle s’élevait à 7,3 Md€ sur l’ensemble de l’année 2025. Les chiffres de l’ACPR montrent que les bancassureurs réalisent l’essentiel de la collecte nette sur le marché français, et nous sommes, dans cette famille, parmi les plus dynamiques. Depuis deux ans, nous voyons que notre part de marché en France dans la collecte nette représente le double de notre part de marché dans les encours. Nous gagnons donc continuellement des parts de marché au sein d’un marché lui-même en croissance.
Justement, comment l’expliquez-vous ?
Cette performance s’explique, au-delà du dynamisme de tous nos réseaux de distribution, par l’attractivité de notre offre, que nous maintenons dans la durée. Cela fait au moins trois ans que notre positionnement compétitif est affirmé. Sur cette période, notre fonds euros a servi un rendement cumulé supérieur de 200 points de base à la moyenne du marché français. Cette régularité de la surperformance paie, d’autant qu’elle est associée à des niveaux de réserves financières très élevés (5,2 %). Nous avons également une part de 41 % d’encours en unités de compte (UC), soit un taux 8 points supérieur à la moyenne du marché français. Les assurés viennent chez nous pour trouver de la performance dans le fonds euros, mais également une offre en UC innovante qui permet d’aller sur des classes d’actifs habituellement réservées aux investisseurs institutionnels, comme le private equity ou l’infrastructure.
Certains bancassureurs souhaitent accélérer sur le front de l’IARD des professionnels et des entreprises. Société générale assurances a-t-il des ambitions en la matière ?
Nous avons des ambitions, mais souhaitons avancer de manière progressive et sélective. Notre volonté n’est pas d’équiper tous nos clients entreprises et professionnels sur tout le spectre de leurs besoins. Nous avons pour le moment deux priorités : l’assurance des flottes automobiles, sur laquelle nous avons plus de dix ans d’expérience, et la multirisque des professionnels. Ce segment de marché correspond à un savoir-faire du réseau SG, en France, et nous souhaitons répondre aux besoins de protection des clients professionnels du groupe avec des couvertures adaptées.
Vous avez un modèle qui repose à la fois sur un bancassureur intégré et le développement de partenariats externes. Comment se répartissent ces deux moteurs en termes de chiffre d’affaires ?
Nous ne communiquons pas sur cette répartition entre nos deux segments d’activité. Le moteur principal reste la bancassurance intégrée, mais les partenariats extérieurs, que nous développons notamment via les CGP depuis plus de vingt ans à travers nos filiales Oradéa Vie en France et Sogelife au Luxembourg, sont un vrai relais de croissance. Ainsi, en dix ans, nous avons triplé notre part de marché avec les CGP indépendants.
Comment comptez-vous utiliser l’IA pour améliorer l’efficacité opérationnelle et la qualité de service ?
L’IA représente un levier important pour améliorer l’expérience de nos clients, notre qualité de service et notre efficacité opérationnelle, avec déjà quelques réalisations concrètes. Nous avons par exemple développé un voice bot pour orienter puis archiver les appels des clients. Cela nous permet de traiter 2 millions d’appels par an, avec une amélioration qualitative et des économies substantielles en matière de temps passé par nos équipes. Nous avons également mis en place un traitement automatisé des documents : 600 000 documents ont été traités l’année dernière. L’autre volet sur lequel nous investissons beaucoup est le traitement des sinistres. 36 % des déclarations de sinistres habitation et 74 % des sinistres prévoyance sont aujourd’hui totalement digitalisées. Les outils d’intelligence artificielle nous permettent, à partir de cette base en croissance, d’être beaucoup plus efficaces et, ainsi, d’améliorer la satisfaction des clients.