Agréé par l’ACPR en décembre 2019, Seyna s’est imposé comme un assureur technologique dont le modèle repose entièrement sur la délégation de gestion aux courtiers. Stephen Leguillon, son directeur général, en explique les raisons.
Entre 2024 et 2025, le montant des primes émis par Seyna a crû de 57 %, pour atteindre 142 M€. À quoi tient ce succès ?
Nous créons des produits d’assurance sur mesure et en marque blanche dans un délai très court – environ trois mois – à l’intention des grands courtiers, des courtiers spécialisés et des courtiers grossistes. Le canal du courtage, dans un modèle de délégation complète de la gestion et de la distribution, est un levier de croissance pour les assureurs à condition de parfaitement maîtriser le pilotage des produits d’assurance : intégration mensuelle de données hétérogènes, qualité de suivi de la performance des produits. Par exemple, nous analysons la performance mensuellement, là où les assureurs traditionnels s’y attellent une seule fois par an. Le courtier peut ainsi être réactif en ajustant instantanément son offre (changement de garanties, modification des franchises, révision des exclusions, etc.). C’est ce modèle qui séduit les courtiers et qui nous a permis de lancer trente nouveaux produits en 2025. Nous avons également étendu notre activité vers l’Allemagne, l’Espagne, la Pologne, la Belgique et les Pays-Bas en accompagnant nos clients via la libre prestation de services (LPS). Les segments portés par Seyna s’étoffent peu à peu : à ce stade, nous opérons en annulation voyage et billetterie, en santé individuelle et petite prévoyance, en santé animale, en loyers impayés, en panne mécanique et dans l’assurance affinitaire.
Sur le segment très concurrentiel et à faible rentabilité de la complémentaire santé, comment se démarque Seyna ?
Si le marché de l’assurance santé est pénalisé par la hausse des frais médicaux et la croissance de la consommation médicale, les courtiers peuvent s’appuyer sur Seyna grâce à un modèle de tarification innovant et à une stratégie pointue en matière de renouvellements. Les résultats parlent d’eux-mêmes : deux ans après que Seyna s’est positionnée sur ce segment, la santé est devenue notre première verticale en termes de volume avec 51 M€ de primes émises (+118 % en 2025 par rapport à 2024). Autre preuve de notre succès, des partenaires historiques de la complémentaire santé se sont rapprochés de Seyna afin de bénéficier de la qualité de son suivi dans un marché en forte tension. Notre technologie analyse avec régularité les données des portefeuilles, ce qui permet de redresser les résultats sans attendre de longs mois et d’adopter une politique de pricing judicieuse en vue d’éviter les résiliations. En outre, nous faisons preuve d’innovation dans le lancement d’offres non responsables, une demande actuellement prégnante chez les courtiers.
Concernant l’affinitaire et les spécialités, où en est Seyna ?
Seyna est reconnue pour sa capacité à lancer rapidement des produits innovants et pour l’accompagnement de ses courtiers partenaires. L’affinitaire et les spécialités représentent un marché bien plus souple que celui de la santé, notamment avec la possibilité d’ajuster les offres en cours d’année. Si les résultats ne sont pas bons, plusieurs options sont disponibles (modification des délais de carence, révision des parcours de souscription, etc.) dans la perspective d’améliorer le ratio sinistres/primes.
En quoi la technologie utilisée par Seyna fait-elle la différence ?
Trois éléments nous différencient des autres porteurs de risques. Premièrement, l’automatisation du recueil des données : côté assureur, la technologie propriétaire de Seyna collecte les données des différents systèmes des courtiers, les formate automatiquement et les intègre pour mise à disposition instantanée des actuaires. Deuxièmement, l’industrialisation des analyses de performance des produits d’assurance : un actuaire passe traditionnellement 80 % de son temps à collecter et à organiser les données et seulement 20 % à les analyser. Avec la technologie de Seyna, structurer les informations ne prend que 20 % du temps d’un actuaire, qui dispose ainsi de 80 % de son temps pour l’analyse et la prise de décisions. Troisièmement, la comptabilité, le contrôle de gestion et la réassurance sont réalisés directement dans le système de Seyna, ce qui permet une clôture comptable mensuelle contre une clôture annuelle chez les assureurs « traditionnels ».
Quelles sont les ambitions de Seyna ?
Nous envisageons de devenir un assureur généraliste et de nous positionner comme le leader européen de la délégation d’assurance. Dans cette perspective, nous allons poursuivre les investissements dans nos infrastructures technologiques et élargir notre activité vers de nouveaux risques tout en confirmant la qualité de nos opérations.