Santé

La Mutualité française : réformer plutôt que transférer

Publié le 24 septembre 2026 à 15h00

Sarah Noufi   La Tribune de l'Assurance  Temps de lecture 3 minutes

À l’approche de la présidentielle, La Mutualité française fait entendre ses revendications en matière de santé et de protection sociale. Selon son Carnet de santé 2026, réalisé avec l’institut Odoxa, 85 % des Français déclarent que les propositions des candidats dans ces domaines pèseront dans leur choix électoral. Dans le même temps, 79 % s’inquiètent des conséquences du déficit de la Sécurité sociale sur son avenir.

Réorganiser le système de santé, un mot d’ordre important pour les Français comme pour la FNMF*. Alors que 40 % des Français déclarent avoir renoncé à des soins pour des raisons financières au cours des douze derniers mois, La Mutualité française appelle à une transformation du système de santé. « Les Français ne veulent pas d'une réduction des protections […] Ce qu’ils expriment très fortement, c’est une transformation pour que le système soit plus efficient », souligne Éric Chenut, président de la FNMF. Parmi les priorités : la lutte contre la fraude, la réorganisation des soins et le renforcement de la prévention.

Nouveaux transferts

La Mutualité française dénonce également les nouveaux transferts de dépenses de l’Assurance maladie vers les complémentaires santé. Des décrets publiés le 22 août prévoient ainsi des transferts estimés à 1 Md€ sur les seuls soins de ville. Ce montant ne comprend pas d’éventuelles nouvelles mesures concernant les soins hospitaliers, sur lesquelles la fédération indique ne pas avoir de visibilité. La FNMF propose de ramener le taux de chargement fiscal des contrats de complémentaire santé de 16,12% à 5,5%. Selon Éric Chenut, cette mesure entraînerait une perte de recettes estimée à 4,5 Md€, soit près des deux tiers du rendement actuel de la TSA, évalué à 7 Md€. Pour éviter d'aggraver la situation des finances publiques, la fédération propose de compenser cette perte par la contribution sociale généralisée (CSG).

Pré-ALD : La Mutualité française veut aller au-delà du financement

Créés par la loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS) pour 2026, les futurs parcours « pré-ALD » doivent permettre d’accompagner, sur prescription médicale, les personnes atteintes d’une maladie risquant d’évoluer vers une affection de longue durée (ALD). L’objectif : agir plus tôt, grâce à des mesures de prévention, pour éviter ou retarder l’aggravation de leur état de santé. Le dispositif n’est pas encore déployé. La Haute Autorité de santé (HAS) doit notamment définir les critères médicaux permettant d’en bénéficier. Les complémentaires santé sont appelées à financer 40 % de ces parcours, aux côtés de l’Assurance maladie. Mais La Mutualité française souhaite aller plus loin que ce rôle de cofinanceur. Elle propose, dans le cadre du PLFSS 2027, de permettre aux complémentaires d’utiliser leurs données de remboursement, en lien avec l’Assurance maladie, afin de repérer les besoins des assurés et de leur proposer des actions de prévention supplémentaires.

* Fédération nationale de la Mutualité française

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