À la faveur de résultats 2025 qui témoignent d’une nouvelle croissance profitable, Jean-Marie Haquette, directeur général de HDI Global France, expose la volonté de l'assureur d'exporter son savoir-faire sur le segment du « middle market » et d'accélérer sa diversification en dehors de l’assurance de dommages. Retrouvez l'intégralité de cet entretien dans le numéro de juin de La Tribune de l'assurance.
Quel bilan tirez-vous du développement de vos activités en 2025 ?
2025 a été une belle année pour HDI Global. Le groupe affiche 10,3 Md€ de primes collectées l’an passé. C’est une progression de 5 % pour un ratio combiné qui s’établit à 90,3 %. En France, nous réalisons une croissance de 11 % des primes qui nous amène au-delà des 800 M€ de chiffre d’affaires, avec un ratio combiné en ligne avec celui du groupe. Ce niveau de profitabilité nous permet d’être les partenaires de nos clients sur le long terme, comme le montre notre culture des « long term agreements » mis en place depuis longtemps avec nos partenaires. En 2025, toutes les branches ont progressé, mais notre première satisfaction est d’avoir été élus assureur préféré des risk managers, comme le montre l’enquête de satisfaction publiée par les cabinets de conseil Golder & Partners et OMC aux dernières Rencontres de l’Amrae. C’est une fierté d’être reconnus sur l’ensemble de la chaîne de valeur : c’est basique, mais quand nous sommes attentifs et à l’écoute de nos clients, cela fonctionne bien.
Vous avez l’ambition de franchir le milliard d’euros de chiffre d’affaires à l’horizon 2029. Quels leviers allez-vous actionner ?
L’atteinte de ce milliard d’euros ne constitue pas l’alpha et l’oméga de ce que HDI Global veut faire en France. Il sera simplement la conséquence mécanique de notre travail au quotidien. L’on s’attache à se fixer des objectifs tangibles et concrets qui vont nous permettre de progresser pierre par pierre vers cette ambition. Par exemple, le concept de « contract certainty » est souvent évoqué. Nous avons l’ambition d’atteindre cet objectif à un horizon 2028 sur nos grands clients du CAC 40. C’est une des conditions pour continuer à délivrer une qualité de service qui fait notre signature et, en conséquence, d’avoir des taux de rétention très élevés. Nous nous inscrivons d’une façon plus générale dans le plan stratégique du groupe Xcelerate29, afin de renforcer notre performance financière à long terme et de souligner notre engagement envers l’excellence sur l’ensemble de la chaîne de valeur. En France, cela passera par l’élargissement de notre offre avec l’arrivée des spécialités (PVT et CPRI) et un renforcement de notre offre sur le segment de l’upper middle market. À noter que le groupe Talanx a commencé l’exercice 2026 avec un très bon premier trimestre et a significativement dépassé le consensus des analystes (673 M€) avec un résultat consolidé préliminaire de 774 M€ (contre 604 M€ précédemment).
Justement, le développement du segment middle market-ETI constitue un axe stratégique de développement majeur pour le groupe. Quelles sont vos cibles commerciales ?
Nous sommes déjà bien présents sur ce segment essentiellement en dommages et RC. Nous avons pris le temps de travailler en profondeur notre offre et notre segmentation, et avons créé des verticales comme celle des sciences de la vie, sur laquelle nous sommes maintenant à même de répondre avec une offre packagée et qui répond aux vrais enjeux de ce secteur. Nous travaillons également sur de la RC prestataire nucléaire avec quelques courtiers spécialisés. Nous ne sommes pas les seuls sur le marché, mais nous souhaitons nous inscrire dans la durée. Chez HDI Global, une affaire dure en moyenne plus de dix années. On entend beaucoup dire que le middle market est un marché très transactionnel mais je pense au contraire que les assurés sont très sensibles au fait d’avoir des assureurs qui les accompagnent dans le temps. Le savoir-faire que nous avons sur les grands comptes et nos programmes internationaux doivent pouvoir bénéficier à des ETI en phase de croissance.
Quels sont les autres grands axes de développement en France ?
Nous avons la volonté de poursuivre le rééquilibrage de notre portefeuille, aujourd’hui majoritairement orienté « dommages », en nous diversifiant sur des branches comme les flottes automobiles, la construction ou encore le transport. L’autre grand sujet est celui des « océans bleus » et des opportunités de demain : nous avons ouvert l’affinitaire avec l’ADN de notre vision de long terme et démarré les risques ESG et Political Violence and Terrorism. Nous étudions enfin l’opportunité d’arriver sur le risque aviation en fin d’année, pour avoir un département « spécialités » le plus complet possible en 2027.
Le marché des grands risques se concentre, à l’image du rachat de Beazley par Zurich. Quel rôle veut jouer HDI Global dans ce contexte ?
Nous sommes ouverts à la croissance externe. C’est quelque chose qui est partagé par HDI Global partout dans le monde, à condition que l’opération fasse sens. Comme vous le savez, HDI Global fait partie, comme Hannover Re, du groupe Talanx, qui pèse plus de 50 Md€ de primes collectées. C’est un ensemble puissant et profitable qui s’inscrit dans un esprit de croissance et de conquête.