Fondée fin 2023 par Emma et Chloé Pariente, AI Sisters est une agence spécialisée en intelligence artificielle générative pour les entreprises qui a accompagné plus de 45 000 collaborateurs en deux ans. Emma Pariente détaille les cas d’usage concrets de l’IA générative dans l’assurance. Du courtier à l’expert en passant par les services formation des bancassureurs, la palette s’élargit, mais l’acculturation reste à mener.
Lancé fin 2023 par Emma et Chloé Pariente, AI Sisters s’est fait une place dans le secteur du conseil et de la formation en intelligence artificielle générative en France. Le cabinet aide les entreprises dans l’identification et le déploiement de cas d’usage IA à fort impact opérationnel, avec une approche très orientée sur les résultats concrets. Il revendique déjà plus de 45 000 collaborateurs formés et compte parmi ses clients de grands noms de la bancassurance aux côtés notamment du groupe Accor, d’Engie, de JCDecaux ou de La Poste. Le secteur de l’assurance représente désormais une part significative de son activité. « Nous avons beaucoup de clients en assurance qui nous ont contactés récemment. Ce sont de grands groupes. Je suis en contact avec BPCE, Société générale et MeilleurTaux », confirme Emma Pariente. À côté de ces grandes maisons, le cabinet accompagne également « des structures avec quelques courtiers seulement », via des dispositifs sur mesure. Sur ces journées de formation, les courtiers viennent souvent à titre personnel pour s’acculturer sur l’utilisation de Claude et découvrir comment le logiciel peut les aider à accroître leur efficacité.
Cinq formateurs dédiés à l’assurance
Signe de la dynamique du secteur, AI Sisters a constitué une équipe spécialisée. « J’ai aujourd’hui cinq formateurs qui forment uniquement dans le secteur de l’assurance », indique la dirigeante. Le cabinet a notamment noué un partenariat avec SPVie pour former les courtiers de son réseau, et multiplie les sessions inter-entreprises destinées aux intermédiaires : « Dès qu’on remplit un groupe, on organise la session. On a pas mal de demandes là-dessus. » La philosophie revendiquée se veut résolument opérationnelle. « On a une approche totalement pratico-pratique. L’idée, ce n’est pas de venir vous raconter l’histoire de l’intelligence artificielle, c’est de montrer les cas concrets, adaptés à chaque métier », résume Emma Pariente.
Côté courtage, la cartographie des cas d’usage est dense. La prospection arrive en tête, suivie de près par la communication sur les réseaux sociaux – un enjeu de visibilité croissant pour les intermédiaires. Vient ensuite l’analyse contractuelle. « On a des cas d’usage comme la comparaison de différents contrats d’assurance. Claude permet de créer un artefact, c’est-à-dire un dashboard automatique pour pouvoir comparer différents contrats pour le présenter au client », illustre Emma Pariente. La bureautique pèse également lourd dans la balance : réponse aux mails, recherche dans des contrats volumineux pour répondre aux questions des assurés sur les sinistres, génération automatique de comptes rendus.
L’analyse de portefeuille constitue un autre filon : à partir d’un fichier Excel listant clients, contrats souscrits et dates d’échéance, l’IA identifie les opportunités d’upsell – passage d’un contrat auto à une IARD, par exemple – et structure les campagnes de relance. « Tous ces cas d’usage changent vraiment la vie du courtier. Ça leur permet de se concentrer beaucoup moins sur l’administratif et beaucoup plus sur le contact avec le client, l’humain, la capacité à le relancer, à traiter un sinistre de manière beaucoup plus rapide. Donc à devenir un courtier bien plus performant », plaide Emma Pariente. Chez les experts en assurance, comme Adenes, la valeur ajoutée se concentre sur le traitement des sinistres : génération de comptes rendus, structuration des échanges avec assureurs et assurés.
Basculement
Côté client final, Emma Pariente observe un basculement : les assurés interrogent désormais l’IA en amont. « J’ai pris une assurance pour ma voiture récemment. J’ai comparé les différentes propositions et j’ai signé grâce à ChatGPT qui m’a dit : "Je pense que celui-là te correspond davantage." Sans miser sur une souscription intégrée à court terme – « Ça m’étonnerait que les assureurs permettent de signer un contrat directement, ça va continuer à être assez réglementé » –, elle pointe l’enjeu de visibilité : la possibilité d’achat sponsorisé sur ChatGPT va contraindre les marques à se positionner pour ressortir dans les recommandations. Un nouveau territoire à défricher.
BPCE assurances : industrialiser la création de contenus de formation
Pour les équipes formation de BPCE assurances, AI Sisters a déployé un dispositif centré sur la production pédagogique. L’enjeu : transformer chaque nouveau contrat d’assurance lancé par le groupe en supports de formation exploitables, à destination à la fois des agences bancaires et des courtiers chargés de le distribuer. « On accompagne les équipes de formation de BPCE sur la création de contenus pédagogiques à partir des contrats d’assurance. Comment former les agences bancaires à vendre ces contrats, comment former les courtiers à les commercialiser », explique Emma Pariente. Un cas d’usage qui illustre comment l’IA générative s’installe au cœur de la fonction formation chez les bancassureurs, devenue un maillon stratégique du déploiement des nouveaux produits.