La micro-assurance n’est plus réservée à un public en difficulté financière dans les pays émergents. Elle se déploie aussi dans les pays développés. Les nouvelles formes de travail précaires, la paupérisation des classes moyennes, les nouveaux risques climatiques et sociaux pèsent sur une population devenue la cible des grands assureurs, qui rejoignent ainsi les associations et les institutions publiques qui œuvraient déjà sur le sujet. Avec des perspectives de croissance très bonnes à l’échelon mondial, grâce notamment à la digitalisation et aux opérateurs télécoms.
Face aux risques climatiques, sanitaires et sociaux en augmentation constante, la micro-assurance, c’est-à-dire l’assurance à bas coût spécialement conçue pour une population en difficulté financière, montre les muscles. Tout en prenant le temps. Le développement des marchés de la micro-assurance nécessite une approche à long terme, qui devrait être intégrée dans les stratégies des assureurs ou d’autres parties prenantes, souligne l’étude L’état des lieux de la micro-assurance 2024, de Microinsurance Network. Les données de cette enquête montrent que les produits de micro-assurance connaissent généralement une croissance significative après une période initiale de trois à quatre ans. Mais c’est peu dire que la micro-assurance attire. Grands assureurs, AssurTech, associations et institutions publiques s’attaquent à la précarité en matière d’assurance aussi bien dans les pays émergents que dans les pays développés. C’est la nouveauté. Née de la lutte contre l’exclusion financière dans les pays émergents, la micro-assurance continue de se développer dans ces régions, mais aussi de creuser son sillon dans les pays développés en raison de la paupérisation de certaines populations, des nouveaux risques ou encore des impacts sociaux.
De la lutte contre l’exclusion financière à la micro-assurance
« Nous constatons qu’en France, il y a de plus en plus de personnes qui gagnent entre 1 500 et 2 000 €. C’était 25 % quand on a démarré une réflexion voici trois ans et c’est 28 % aujourd’hui. Ce constat est à peu près le même dans tous les pays...