En 2025, la Médiation de l’assurance (LMA) a reçu plus de 46 600 saisines. En 2020, c’était 15 000. Le « choc de saisines » se poursuit donc à un rythme très élevé, faisant de LMA la première médiation de la consommation du pays, avec une hausse du volume de dossiers à traiter de 37 % en 2025.
Comment expliquer un tel choc ? Les causes sont sans doute multiples. Depuis une loi de 2019, les litiges inférieurs à 5 000 € doivent d’abord faire l’objet d’une médiation ou d’une procédure de conciliation, ceci afin de désengorger les tribunaux ; les systèmes de médiation sont ainsi mieux connus des consommateurs. Pour le secteur de l’assurance, la recommandation de l’ACPR portant sur le traitement des réclamations, entrée en vigueur en janvier 2023, est un changement majeur. Désormais, quand l’assureur accuse réception de la réclamation de son assuré, il doit lui répondre dans un délai de deux mois, et lui mentionner l’existence de la Médiation de l’assurance si le mécontentement demeure. Les problèmes de pouvoir d’achat sont par ailleurs au cœur des préoccupations des Français, tous les sondages le montrent. On le voit à LMA, avec une croissance des saisines à propos des remboursements de frais de santé ; il est d’autant plus tentant de saisir la Médiation que celle-ci est gratuite. Cela résulte de la loi française qui en 2025 a transposé la directive européenne sur les médiations de la consommation. La directive parle de « frais modiques » pour accéder à la médiation (nos collègues de la Médiation de l’assurance italienne demandent ainsi un dépôt de 20 € lors de la saisie, dépôt remboursé si l’assuré a gain de cause). Mais la France est allée au-delà, et chez nous les médiations de la c...