L'ANALYSE DE S&P

M&A en assurance : un effet rarement bénéfique sur les notes

Publié le 23 juin 2016 à 8h00    Mis à jour le 27 septembre 2016 à 12h53

Taos Fudji

Le secteur de l’assurance a activement participé à la vague de fusions et acquisitions (M&A) de 2015 avec près de 150 Md$ de transactions.

Taos Fudji
directeur pour le secteur assurance chez S&P Global Ratings 

Alors qu’acheteurs et vendeurs semblent avoir pris une courte pause, nous pensons que le flux d’opérations va se poursuivre en 2016, alimenté par des conditions de financement favorables et des changements réglementaires comme Solvabilité II en Europe ou l’Affordable Care Act aux États-Unis.

Nous avons adopté une position relativement neutre sur l’impact duM&Asur le secteur assurance au cours des quinze dernières années. Une étude des 50 plus importantes transactions impliquant des assureurs notés depuis 2000 montre que près des deux tiers des notes des acquéreurs ont été confirmées à l’annonce d’une acquisition, 22 % ont été mises en perspective « négative » ou sous surveillance avec implication « négative », et 14 % en perspective « positive » ou sous surveillance avec implication « positive ». Parmi les 22 % ayant un biais négatif, plus de la moitié ont vu leurs notes abaissées dans les cinq années suivant la perspective ou mise sous surveillance. Pour tous les acquéreurs ayant un biais positif, leurs notes ont été relevées.

En étudiant l’évolution des notes au cours des cinq années suivant l’annonce des transactions, nous remarquons que seuls 30 % des acquéreurs avaient une note supérieure à celle de départ, et 38 % des acquéreurs avaient une note inférieure d’au moins un cran à celle de départ. De plus, au bout de dix ans, nous avons constaté que dans un cas sur huit, l’acquéreur avait revendu tout ou partie de son acquisition. Ceci était lié soit à une sous-performance de cette dernière, soit aux difficultés financières de l’acquéreur nécessitant une mise en vente d’actifs stratégiques. Parmi les effets positifs potentiels sur les notes dans le cadre deM&A nous constatons avant tout un effet de diversification majeure et un avantage concurrentiel. Les facteurs négatifs contre lesquels nous avertissons le plus souvent sont une augmentation de l’endettement, l’affaiblissement de la solvabilité et le risque d’exécution. Les risques associés à l’exécution comprennent la rétention des dirigeants et des clients, ainsi que l’intégration des cultures et des systèmes informatiques. Une mauvaise exécution limite le gain de synergies de revenus et de coûts qui sont souvent un facteur clé de la décision d’achat par les acquéreurs.

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