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« La solvabilité du secteur reste solide et les excédents suffisants », explique Lotfi Elbarhdadi, directeur senior chargé de l’assurance. Après un recul des tarifs de 0 à - 5 % au 1er janvier dernier, l’agence de notation anticipe une tendance analogue pour l’exercice 2018, redoutant toutefois que le secteur ne « s’approche des limites techniques », prévient Lotfi Elbarhdadi.
Surtout, malgré un ratio combiné moyen bien placé à 93,3 % sur ces sept dernières années,S&PGlobal Ratings observe une dégradation constante du niveau de rentabilité des réassureurs depuis 2012. « La tendance est clairement à la dégradation des résultats techniques et nous tablons sur un ratio entre 102 et 105 % pour 2017. Compte tenu des ouragans Harvey et Irma, le scénario du bas de fourchette que nous anticipions fin juin ne tient plus », indique Marc-Philippe Juilliard, directeur assurance chezS&P Pour maintenir des ratios favorables, les principaux acteurs n’ont, faute de levier tarifaire, d’autres choix que d’augmenter leurs relâchements de réserves. Sans un apport de réserves de 6,6 %, le secteur aurait ainsi enregistré en 2016 un ratio combiné à 99,3 % contre les 92,7 % affichés.
« Les pratiques de provisionnement des années passées ont été plutôt bonnes, ce qui permet aux réassureurs de puiser dans leurs réserves », ajoute Marc-Philippe Juilliard. Mais l’agence de notation d’avertir : « Cette baisse tarifaire continue pourrait entraîner une diminution de la performance et une nouvelle dégradation des ratios combinés, avec le risque de changement de perspective du secteur à long terme. »