L’ANALYSE DU MOIS DE S&P GLOBAL RATINGS

Le futur prometteur de la réassurance vie

Publié le 8 septembre 2017 à 8h00

Taos Fudji

Taos Fudji
directeur, S&P Global Ratings

Nous attendons une croissance des primes de 3 % par an environ, et un rendement des capitaux propres supérieur à 10 %. Malgré la faiblesse des taux d’intérêt, nous voyons un potentiel de croissance dans les secteurs d’activité de longévité et de morbidité et dans les marchés de l’assurance vie primaire. Le marché mondial reste dominé par six principaux acteurs, qui en cumulent plus de 90 %. Le savoir-faire des acteurs établis, difficile à reproduire, freine les entrants potentiels du marché. Les assureurs vie valorisent les capacités de souscription, d’actuariat et de transfert de risque de leurs partenaires réassureurs, ainsi que les relations de longue date qu’ils ont nouées. Il est ainsi peu probable que les start-up ou les investisseurs externes menacent la réassurance vie comme en réassurance dommages.

En mortalité, les États-Unis restent le 1er marché au monde pour le secteur de la réassurance vie. Après des années de baisse, les taux de cession ont atteint un point bas de 25 % en 2015, puis se sont améliorés à environ 28 % en 2016. Nous prévoyons que les taux se stabiliseront à ce niveau, permettant au marché américain de rester le socle du volume d’affaires des réassureurs vie. Dans la protection de la longévité, la dynamique de croissance est forte depuis les trois dernières années (principalement sur le marché de la vie au Royaume-Uni) et s’est intensifiée sous l’effet des exigences de capital de Solvabilité II, en vigueur depuis le 1er janvier 2016. Nous constatons également l’augmentation significative des contrats de dérivés (swaps de longévité) des fonds de pension et des entreprises qui externalisent ainsi leurs risques de longévité.

Les acteurs de la réassurance vie participent de manière significative à ces opérations depuis quelques années. Populaires au Royaume-Uni, ces contrats de swaps de longévité se développent également aux États-Unis, en France et en Suisse. Sur ces transactions, les flux de revenus ne sont pas des primes « classiques » mais des échanges de revenus financiers. En dépit de bonnes perspectives en longévité, il est à noter que l’environnement concurrentiel est fragmenté, car les assureurs primaires, les banques et les sociétés de private equity y sont également actifs. Ce segment subira une plus grande pression sur les marges que les autres segments de réassurance vie. En outre, le secteur de la réassurance vie souffre d’une volatilité structurelle. Des modifications importantes des hypothèses actuarielles, telles que celles concernant les changements de mortalité ou de morbidité ou les changements législatifs affectant les paiements des sinistres, peuvent impacter les résultats, comme cela s’est déjà produit.

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