L'analyse de S&P

La bancassurance favorable aux banques italiennes

Publié le 1 septembre 2015 à 6h00    Mis à jour le 27 septembre 2016 à 14h27

Taos Fudji

Dans un contexte de demande de prêts restreint, les banques italiennes ont fortement poussé la distribution de produits d'assurance. Les clients ont répondu avec empressement, attirés par les rendements. 

Taos Fudji
directeur secteur assurances de S&P

La proportion plus élevée que la moyenne de l'UE de personnes âgées en Italie renforce l'attrait pour l'assurance vie, grâce aux prestations de décès et l'exclusion des contrats d'assurance vie de l'impôt sur les successions. La contribution totale de l'assurance aux revenus des banques italiennes a augmenté à un taux moyen d'environ 9 % par an sur les cinq dernières années, alors que les revenus globaux des banques stagnaient. Nous prévoyons ainsi que les réserves d'assurance vie augmenteront plus vite que les autres formes d'épargne financière en Italie, avec un taux de croissance d'environ 5 % à 6 % par an entre 2015 et 2017.

Les banques qui possèdent des filiales d'assurance ou des coentreprises ont plus à gagner que les autres, vu qu'elles contrôlent toute la chaîne de création de valeur. En effet, le passage à Solvabilité II et la baisse des rendements sur investissement sont en train de changer la dynamique de produits dans le secteur de l'assurance vie en Italie. Les marges sur les produits traditionnels sont sous pression, incitant les assureurs et les banques distributrices à vendre plus d'assurance vie en unités de compte (UC). Sur les cinq premiers mois de 2015, les UC ont représenté plus de 30 % de la nouvelle production d'assurance vie. Les contrats intégrant une proportion d'UC sont plus complexes à gérer que des polices traditionnelles, et pourraient réduire la part de la marge revenant aux distributeurs, favorisant ainsi la bancassurance.

Pourtant, nous pensons que seule une poignée de banques italiennes a une stratégie fondée sur la bancassurance, qui nécessite expertise et processus robustes. Dans le passé, le manque de contrôles appropriés a pu conduire à des pertes considérables pour un certain nombre de banques, tant en Italie qu'à l'étranger.

Nous pensons que sous la formule standard de Solvabilité II, les assureurs italiens bénéficieront de l'exemption des charges de risque de crédit et de concentration pour les emprunts d'État européens. Néanmoins, le European Systemic Risk Board (ESRB) a indiqué dans une recherche de mars 2015 que les exigences en fonds propres des assureurs européens pourraient augmenter entre 20 % et 150 % en cas d'alignement du traitement réglementaire des obligations d'État européens avec les obligations d'entreprises. Nous pensons que les assureurs italiens pourraient être parmi les plus touchés dans ce scénario. Une hausse des exigences en fonds propres réglementaires n'affecterait pas négativement notre vision de la solvabilité des assureurs italiens.

Selon notre méthodologie de calcul des exigences de fonds propres, nous appliquons, à note équivalente, les mêmes charges de risque de crédit à des obligations d'Etat ou d'entreprises.

 

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