L'analyse de Standard & Poor's

Changements à venir pour les assureurs auto britanniques

Publié le 22 mars 2016 à 8h00    Mis à jour le 27 septembre 2016 à 14h23

Taos Fudji

Les systèmes de sécurité actifs et passifs installés dans les véhicules ont conduit à une réduction de moitié des accidents physiques entre 2000 et 2014. 

Taos Fudji
directeur pour le secteur assurance

Les appareils de prévention et d’atténuation des accidents tels que le freinage automatique anticollision, l’alerte en cas de dépassement, l’antipatinage, et les airbags y ont très fortement contribué. Le développement de voitures automatisées pourrait conduire à une réduction encore plus importante des accidents de la route. Selon une étude KPMG de juin 2015, 90 % des accidents ont pour cause l’erreur humaine. L’horizon des voitures automatisées se rapproche. Le président de Ford, Mark Fields, prévoit une offre de voitures sans conducteur d’ici cinq ans. De plus, les véhicules sans conducteur pourraient être utilisés en covoiturage, réduisant ainsi le nombre de véhicules en circulation. La diffusion à grande échelle de ces véhicules pourrait conduire à une drastique réduction de la fréquence de sinistres des assureurs auto britanniques. Étant donné la nature très compétitive de ce marché, cela amènerait à une très forte baisse des primes d’assurance auto, pouvant dépasser 50 % d’ici à 2040.

Cependant, nous ne pensons pas que les assureurs auto britanniques partageront nécessairement le destin de Kodak, distancé par l’avènement de la photo numérique. La révolution annoncée des voitures autonomes mettra des années à se matérialiser, laissant aux assureurs le temps d’adapter et de diversifier leur offre. L’âge moyen d’un véhicule britannique est de 8 ans et il part à la casse à 13,5 ans. Au rythme actuel de renouvellement, si elles sont introduites en 2020, les voitures autonomes ne représenteraient une part significative du parc qu’en 2040. Les effets de l’automatisation sur le coût des sinistres seront dilués par une révision plus graduelle des réserves des assureurs, compte tenu du temps de règlement des sinistres et de l’utilisation de périodes d’observation longues pour déterminer le niveau des primes. De plus, le fort contenu technologique des pare-chocs de ces voitures pourrait augmenter le coût des réparations, neutralisant le bénéfice de la baisse des accidents. Enfin, il existe de fortes incertitudes sur les responsabilités légales liées à ces véhicules – le constructeur ou le conducteur ? – qui pourraient retarder leur adoption en masse. Il est encore trop tôt pour saisir toutes les implications d’un monde « sans conducteur et sans accident ».

Cela deviendra un facteur de risques croissant pour les assureurs, qui devront tenir compte d’un avenir où les accidents automobiles seront des événements exceptionnels plutôt que des faits quotidiens.

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