Etudes

Coface revoit son estimation du coût de la guerre en Ukraine sur l'économie mondiale

Publié le 3 mai 2022 à 16h12

Coface a revu à la hausse son estimation du coût de la guerre en Ukraine pour l'économie mondiale à environ un point de pourcentage en 2022. Cependant les conséquences du conflit se feront surtout sentir à partir du deuxième semestre, et se matérialiseront encore davantage en 2023 et au-delà. Le risque politique, qui avait considérablement augmenté au niveau global avec la pandémie, est exacerbé par la hausse des prix des produits alimentaires et énergétiques.

Aucune région ne sera véritablement épargnée des retombées économiques de cette guerre, et après les chocs successifs des années 2020, la perception de l'assureur crédit reste d'actualité : le monde a changé, sans retour possible.

Au-delà des économies d'Europe centrale et orientale, qui ont des liens économiques importants avec la Russie, les pays d'Europe occidentale sont les plus exposés en raison de leur forte dépendance aux combustibles fossiles russes. L'Allemagne et l'Italie dont les économies sont les plus dépendantes du gaz russe devraient être fortement perturbées (1,6 point de PIB en moins). L'impact serait plus faible mais toujours significatif dans le reste de l'Europe.

Outre-Atlantique, l'impact sur la croissance devrait être plus modeste en raison d'une exposition commerciale et financière limitée à la Russie et à l'Ukraine. Néanmoins, aux USA, le taux d'inflation global a atteint son plus haut niveau en 41 ans, porté par les prix des denrées alimentaires et de l'énergie. La mise en place d'un taux "neutre" par la Fed d'ici 2022 (soit un taux estimé entre 2% et 3%) pour juguler l'inflation représenterait un des cycles de resserrement les plus agressifs depuis les années 1990. Il contribuera à modérer la croissance américaine, d'où la révision de Coface à la baisse de la prévision de croissance du PIB américain pour 2022, à 2,7 %.

L'Asie ne sera pas épargnée par les conséquences de la guerre, auxquelles s'ajoute le ralentissement en Chine lié au variant Omicron. Un conflit prolongé en Europe ou une nouvelle escalade aura un impact négatif net estimé à 0,5 point sur la croissance du PIB en 2022.

Enfin, l'Amérique latine est une autre région vulnérable à un resserrement de la politique de la Fed, mais devrait bénéficier de la hausse des prix des matières premières. L'effet net de la guerre dans la région – estimée à -0,1 point – est encore incertain et pourrait ne pas se faire pleinement sentir dans un avenir proche. 

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