Le marché de l’assurance des indépendants se transforme à l’aune des nouvelles formes de travail. La croissance du « freelancing », l’essor des métiers numériques, la montée des risques cyber et le transfert du travail salarié vers l’autoentrepreneuriat créent une demande nouvelle de protection. Ancien parent pauvre de l’assurance, le marché des indépendants est aujourd’hui un laboratoire technologique et social dans un contexte de tension sur les prix et du sempiternel sous-équipement du marché.
Longtemps considéré comme un marché annexe, le marché de l’assurance des travailleurs indépendants est devenu stratégique pour bon nombre d’assureurs. Microentrepreneurs, free-lances de la Tech, consultants, artisans, professions libérales, créateurs de contenus, chauffeurs VTC ou indépendants du bâtiment : tous ont en commun une relation différente au travail, au risque et à la protection sociale, à laquelle les assureurs essaient de répondre. Avec 3,8 millions d’indépendants économiquement actifs en France aujourd’hui, c’est-à-dire si l’on ne retient que les personnes qui tirent un revenu réel de leur activité, dont la moitié d’indépendants classiques (les entrepreneurs individuels, les gérants majoritaires de société, les professions libérales réglementées comme les médecins et les avocats, les artisans, les commerçants) et la moitié d’autoentrepreneurs, le marché des indépendants est porteur. Cela, même si les autoentrepreneurs représentent un cas à part des indépendants. Pour Hedi Abdesselem, directeur des marchés pro et entreprise en santé chez Allianz France, « il existe des autoentrepreneurs qui débutent, d’autres qui exercent à mi-temps et il y a tous ceux pour qui l’entrepreneuriat est une activité d’appoint ». Ainsi, si 30 % des autoentrepreneurs sont administrativement actifs mais économiquement inactifs (souvent en phase de lancement ou de cessation d’activité), ce sont ces nouvelles formes de t...