Frederic Dhers, Head of Business Solutions Europe, Middle-East and Africa, Scor Business Solutions

« Une forte concurrence a persisté sur la plupart des lignes »

Publié le 19 février 2026 à 9h00

Jean-Christophe Manuceau   La Tribune de l'Assurance  Temps de lecture 3 minutes

Head of Business Solutions chez Scor Business Solutions – l’entité du réassureur dédiée à l’assurance directe des grands risques – Frédéric Dhers fait le point sur les conditions de marché en 2026. Si les renouvellements ont été plutôt avantageux pour les entreprises en matière de tarifs, les opérateurs continuent néanmoins de faire preuve de discipline dans la souscription.

Comment se sont passés les renouvellements ?

Les renouvellements se sont globalement déroulés sans difficulté, bien que plus complexes en cyber en raison d’un marché soft prolongé. Une forte concurrence a persisté sur la plupart des lignes, en particulier en dommages aux biens (Property) et en cyber. Scor Business Solutions a maintenu ses positions sur les comptes ciblés, démontrant la solidité de nos relations et notre flexibilité en souscription, tout en faisant preuve d’une discipline stricte. Des non-renouvellements sélectifs ont été effectués lorsque les conditions n’étaient pas soutenables.

En 2025, les tarifs sont-ils orientés à la baisse ? Cela concerne-t-il tous les segments ?

Oui, les tarifs sont orientés à la baisse dans la plupart des segments ; toutefois notre priorité reste la sélection des risques et l’adéquation tarifaire. La baisse est particulièrement marquée en Property, en énergie et en cyber, avec une pression tarifaire notable sur le cyber en Europe. La responsabilité civile (Casualty) reste plus stable, avec seulement de légères réductions selon les profils de risque individuels.

Observe-t-on un assouplissement des conditions sur le marché de l’assurance cyber en raison de nouveaux acteurs ?

L’arrivée de capacités supplémentaires a renforcé la concurrence, particulièrement en Europe. Nous constatons davantage de demandes d’accords pluriannuels, généralement sur trois ans, reflétant une recherche de stabilité tarifaire de la part des clients. Des améliorations de garanties sont discutées, mais elles restent sélectives et appliquées de manière disciplinée, plutôt que systématique.

Quelles sont les nouvelles exclusions ? Pourquoi ?

Aucune nouvelle exclusion en dommages aux biens, énergie ou cyber. En RC, une attention accrue portée aux PFAS a conduit à des exclusions ciblées, principalement pour les expositions américaines. Cela reflète l’augmentation du risque de litige et l’incertitude à long terme, plutôt qu’un retrait général du marché.

Quelles sont vos attentes pour 2026 ?

Compte tenu du niveau toujours élevé des risques mondiaux – géopolitiques, environnementaux, augmentation des cyberattaques, entre autres – nous anticipons une demande soutenue pour nos produits : l’industrie de l’assurance n’a jamais été aussi essentielle. L’offre de capital reste abondante et, en l’absence de sinistralité majeure, la pression sur les prix devrait persister en 2026, en particulier en cyber.

Toutefois, le rythme de baisse des tarifs devrait ralentir et se stabiliser sur la plupart des lignes, grâce à l’amélioration de la disponibilité et de la rapidité des données, permettant une gestion plus active et disciplinée du cycle. Le cyber devrait continuer à croître en Europe, porté par une demande soutenue des grandes entreprises comme des PME.

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