Fabrice Pesin, président du groupe Alptis

« Alptis a choisi d'élargir son positionnement »

Publié le 1 octobre 2026 à 9h00

Louis-Christian de Baudus   La Tribune de l'Assurance  Temps de lecture 4 minutes

Alors qu’il célèbre ses 50 ans, le groupe Alptis accélère sa transformation sous la houlette de Fabrice Pesin, son président. Arrivé au sein du courtier grossiste lyonnais en 2023, ce dernier a succédé à Jean-Paul Babey en juin 2025 avec l’ambition de continuer à porter des valeurs différenciantes, tout en poursuivant la diversification de ses activités en courtage grossiste, notamment sur la retraite et l’IARD pour les professionnels. Perspectives d’un nouveau chemin qui s’ouvre pour ce groupe atypique dans le paysage du courtage d’assurances. Retrouvez l'intégralité de cet entretien dans le numéro d'octobre de La Tribune de l'assurance.

Alptis fête cette année ses 50 ans. Quel bilan tirez-vous du franchissement de ce cap d’âge symbolique ?

Cinquante ans de courtage grossiste, ce n’est pas rien, et nous sommes fiers du chemin que nous avons parcouru sans jamais nous départir de nos valeurs. Nous sommes un modèle associatif unique dans le courtage et cette singularité a porté ses fruits : le groupe représente aujourd’hui plus de 150 M€ de chiffre d’affaires et emploie plus de 700 personnes. Dans un monde incertain, nos valeurs constituent des repères solides, qui nous permettent de nous projeter, tout comme la vision de long terme qui guide Alptis depuis ses débuts. Nos partenariats avec certains assureurs et certains courtiers se comptent en décennies. Tout cela constitue des fondamentaux solides.

En 2025, vous avez réalisé 150,8 M€ de chiffre d’affaires, soit un peu moins que les 152,4 M€ de 2024. Comment expliquez-vous cette décroissance et sur quelle trajectoire vous inscrivez-vous en 2026 ?

2025 a été une année où nous nous sommes beaucoup désengagés du démarchage téléphonique pour remettre des forces sur le courtage de proximité. C’est un choix structurant qui a eu des conséquences en termes de chiffre d’affaires. Certains de nos métiers en assurance vie, notamment portés par l’Unep, ont également été chahutés par la crise de la pierre-papier. L’activité a été repositionnée et se porte désormais beaucoup mieux. Les chiffres sont d’ailleurs repartis largement au-dessus de nos objectifs. Je pense que l’année 2026 sera exceptionnelle en termes de collecte en assurance vie.

Comment anticipez-vous le marché en santé alors que celui-ci s’oriente vers des indexations importantes ?

Il devrait en effet connaître des indexations importantes en 2027 sous l’effet des transferts de charges et de la hausse des dépenses de santé. Notre enjeu est d’anticiper ces évolutions tout en préservant le meilleur équilibre possible entre couverture, cotisation et qualité de service. Nous nous appuyons également sur notre capacité à répondre à des besoins spécifiques, comme en témoigne le succès de notre offre santé pour les frontaliers, lancée en 2025. C’est dans ces segments à forte valeur ajoutée que nous identifions de véritables opportunités de développement.

La diversification de vos activités est une composante importante de votre plan stratégique. En assurance de personnes, vous êtes surtout présent sur la santé et la prévoyance. Comptez-vous accélérer sur la retraite pour profiter de l’essor actuel du marché ?

Alptis est historiquement connu pour les métiers de la santé et de la prévoyance. En investissant sur la retraite, nous sommes en train d’élargir notre positionnement de courtier grossiste afin d’être identifié comme un acteur complet du marché de la protection sociale. Avec l’explosion des chiffres du PER, nous voyons bien que la retraite est un sujet de préoccupation pour les Français, et nous avons décidé d’accompagner nos courtiers partenaires sur ce marché. D’autant que le PER est un produit très fidélisant qui permet au courtage de proximité de s’exprimer avec du conseil dans la durée, tout au long de la vie du contrat. Cela ouvre également d’autres perspectives. Je considère que le PER est un produit d’assurance qui ne concerne pas seulement un individu, mais un foyer tout entier, avec toutes les questions de santé et de prévoyance qui sont juste à côté. On pourrait faire le parallèle avec les CGP qui, lorsqu’ils proposent un contrat d’assurance vie, le font dans le cadre d’une approche patrimoniale globale. Cela ouvre des perspectives intéressantes pour les courtiers de proximité.

Comptez-vous être actif en matière de croissance externe ? Quel profil d’acquisition ciblez-vous en priorité ?

Nous regardons attentivement les opportunités du marché et disposons des moyens nécessaires pour mener une politique de croissance externe si elle crée de la valeur. Notre priorité est d’accélérer notre développement dans des domaines où nous souhaitons renforcer nos expertises. L’enjeu n’est pas de consolider nos positions existantes, mais d’élargir notre champ d’action sur des activités stratégiques pour l’avenir du groupe.

Dépêches

Chargement en cours...

Dans la même rubrique

Le dialogue social augmenté chez Maif

À l’occasion du plan gouvernemental « Impulsion IA 2027 », lancé mi-septembre avec l’ambition...

La Mutualité française : réformer plutôt que transférer

À l’approche de la présidentielle, La Mutualité française fait entendre ses revendications en...

« Sans une modernisation des fondations Tech, l’IA ne pourra pas se déployer en assurance »

Fondée en 2022 par Jean-Baptiste Limare, ancien d’Admiral, Korint développe des outils de gestion de...

Voir plus

Chargement…