3 questions à Pascal Koenig - associé services financiers asset management chez Deloitte

Publié le 2 janvier 2013 à 6h00    Mis à jour le 22 octobre 2015 à 12h40

A quelle problématique sont confrontées les sociétés de gestion des compagnies d'assurance ?

Les sociétés de gestion filiales de sociétés d'assurance ou les sociétés de gestion indépendantes ont actuellement une problématique similaire à appréhender : celle de la collecte. C'est un problème nouveau, car elles avaient jusqu'à présent l'habitude de travailler dans l'abondance. Or, aujourd'hui, la collecte est en décroissance, notamment en raison du comportement des investisseurs dont l'aversion au risque est de plus en plus réelle. D'autres facteurs interviennent dans le frein à la collecte : les arbitrages des banques qui orientent les investisseurs vers des produits bilantiels plus que vers les OPCVM ; les caisses de retraite désormais regroupées, contraintes de puiser dans leurs réserves pour faire face à leurs engagements ; Solvabilité II, qui conduit les sociétés d'assurance à diminuer leurs investissements en produits longs ; et les CGP, dans l'attente des directives MIF et DIA, qui ne parviennent pas à devenir la solution alternative à la distribution de véhicules d'investissement.

Quelles marges de manœuvre peuvent-elles avoir dans ce contexte ?

Elles sont faibles : une collecte domestique atone, une concurrence accrue qui pèse sur les prix (d'autant plus que la faible taille des véhicules conduit à une charge relativement élevée en matière de coûts opérationnels), des charges croissantes à anticiper (notamment liées aux mises en conformité réglementaire et fiscale). Une des solutions effectives est de rechercher la croissance externe (capture d'expertise technique différenciée, de contrats de distribution, de track record...) devant permettre avec des encours suffisants d'aller prospecter au-delà de leur zone de chalandise naturelle.

Aujourd'hui, quelle stratégie adoptent-elles ?

Leur stratégie dépend profondément de la stratégie qu'adoptera pour elles leur actionnaire. Si, effectivement, la société de gestion se limite à gérer les fonds propres de la compagnie, la question sur la pérennité peut être posée. Si, au contraire, la gestion d'actifs continue de constituer un des piliers du développement du groupe, des investissements seront nécessaires afin, d'une part, de revisiter le modèle dans l'optique d'une valorisation du capital clients et, d'autre part, de se mettre en capacité à générer de l'innovation.

Propos recueillis pas A.V.

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