Depuis l’entrée en vigueur de la loi Lemoine en 2023, les assureurs alternatifs livrent une bataille pour gagner des parts de marché sur le front de l’assurance emprunteur. Mais entre le contexte toujours tendu du crédit immobilier, qui fait pencher le rapport de force du côté des prêteurs, et le développement d’offres défensives des bancassureurs, les lignes ne sont pas toujours faciles à faire bouger.
En 2021, les assureurs alternatifs représentaient 16 % du stock du marché français de l’assurance emprunteur. Fin 2025, la jauge montait à 19 %. « La substitution est un business qui fonctionne, qui avance et qui permet aux acteurs alternatifs de grappiller les portefeuilles bancaires de manière assez significative. Ce sont des petits pourcentages rapportés au stock, mais qui induisent d’importantes parts de marché sur la production », constate David Échevin, directeur général d’Actélior. Selon les projections du cabinet de conseil, la part de marché des assureurs alternatifs sur le stock pourrait même atteindre 28 % à horizon 2030. « Scénario sans grande réaction de la part des acteurs bancaires », prend-il cependant soin de préciser. Car même si la loi Lemoine et la résiliation à tout moment (RIA) ont sonné la charge des assureurs alternatifs sur les contrats groupes des banques, pas question pour les tenants historiques du marché de se laisser déplumer sans rien faire. Quitte à jouer au-delà des limites du fair-play. En octobre dernier, la DGCCRF a d’ailleurs sifflé faute et sanctionné financièrement cinq banques au motif du non-respect du délai légal de dix jours prévu par la loi pour répondre aux demandes de substitution d’assurance emprunteur.
Plein feu sur la substitution
« Le marché n’est pas aussi fluide qu’il devrait l’être. Les interactions avec les banques ne sont pas toujours optimales, sans que l’on puisse vraiment dire si c’est de l’obstruction ou de l’absence d’efficacité opérationnelle et...