Etudes

Swiss Re Institute : "La croissance mondiale des primes d'assurance devrait ralentir en 2026"

Publié le 9 juillet 2026 à 9h46

Le récent conflit au Moyen-Orient constitue le quatrième choc majeur affectant les chaînes d'approvisionnement mondiales en l'espace de six ans. Il freine l'activité économique, alimente les tensions inflationnistes et confirme une évolution vers une économie mondiale toujours plus fragmentée. Dans ce contexte, la croissance mondiale des primes d'assurance devrait ralentir pour s'établir à 1,3 % en termes réels en 2026, contre 3,9% en 2025, selon le dernier rapport sigma du Swiss Re Institute, "L'assurance mondiale en 2026 : un rempart face à la fragmentation du monde".

Toutefois, alors que la multiplication des chocs d'approvisionnement, la fragmentation géopolitique et les investissements massifs dans de nouvelles infrastructures transforment l'économie mondiale, le rôle de l'assurance et de la réassurance dans le renforcement de la résilience des entreprises et des sociétés n'a jamais été aussi essentiel.

"Le récent conflit au Moyen-Orient ne constitue pas un choc isolé, mais une nouvelle illustration du fait que le risque géopolitique est désormais devenu une caractéristique structurelle de l'économie mondiale, avec quatre chocs majeurs sur les chaînes d'approvisionnement en six ans. Alors que les économies investissent dans les infrastructures liées à l'intelligence artificielle, les systèmes énergétiques et des chaînes d'approvisionnement plus résilientes, de nouveaux gisements de risques émergent. L'assurance joue un rôle essentiel, non seulement pour sécuriser ces investissements, mais aussi pour accompagner la transformation de l'économie réelle en apportant une valorisation et une couverture adaptées à ces nouveaux risques", a déclaré Jérôme Haegeli, chef économiste du groupe Swiss Re.

Une nouvelle vague d'investissements portée par l'intelligence artificielle

Par ailleurs, la branche de recherche, de prospective et de partage de connaissances du groupe Swiss Re souligne que "parallèlement, les investissements massifs dans les infrastructures dédiées à l'intelligence artificielle viennent en partie compenser les effets négatifs des chocs d'approvisionnement. L'économie mondiale entre dans un nouveau cycle d'investissements de grande ampleur dans les centres de données, les infrastructures énergétiques et l'industrie manufacturière de pointe".

Le Swiss Re Institute estime d'ailleurs que "les dépenses d'investissement consacrées à l'intelligence artificielle par les hyperscalers, les grandes entreprises technologiques qui développent les infrastructures numériques à très grande échelle, atteindront 750 milliards de dollars en 2026, contribuant à hauteur de 0,2 à 0,3 point de pourcentage à la croissance américaine. Ces nouveaux actifs stimulent la demande de couverture en assurance dommages, risques techniques, cyber, responsabilité civile et pertes d'exploitation, renforçant ainsi le rôle essentiel des capacités mondiales de l'assurance et de la réassurance".

Assurance non-vie : un ralentissement contenu

En outre, le marché mondial de l'assurance non vie entre dans une phase d'assouplissement du cycle de souscription, dans un contexte toutefois très différent des cycles précédents. La hausse de l'inflation des sinistres, les incertitudes géopolitiques et l'augmentation de l'exposition aux catastrophes naturelles devraient limiter l'ampleur de ce ralentissement.

Le Swiss Re Institute prévoit une croissance mondiale des primes d'assurance non-vie de 0,6% en termes réels en 2026, un niveau nettement inférieur à la tendance de long terme (3,6% de croissance annuelle moyenne entre 2015 et 2024). Le ralentissement provient principalement des marchés développés, tandis que les marchés émergents demeurent relativement résilients. Plus les tensions inflationnistes liées au conflit au Moyen-Orient perdureront, plus le risque sera élevé de voir leurs effets se répercuter sur les coûts de réparation, de remplacement et de responsabilité civile, compensant ainsi en partie les pressions baissières exercées sur les prix.

Le cycle actuel pourrait donc être moins marqué que lors des précédentes phases d'assouplissement, les assureurs étant susceptibles de procéder à des ajustements tarifaires plus rapides si les pertes majeures, l'inflation ou les conditions de capital se dégradaient davantage qu'anticipé.

Malgré un environnement tarifaire plus concurrentiel et une inflation des sinistres en hausse, les assureurs non vie devraient conserver une rentabilité solide. Le Swiss Re Institute prévoit un rendement des fonds propres (ROE) de 11,4% en 2026, après un pic de 14% en 2025, avant un repli à 7,7% en 2028. Les revenus d'investissement, qui demeurent élevés, continueront de constituer le principal facteur de soutien face au ralentissement du cycle de souscription.

Assurance vie : une croissance toujours rentable

Quant à l'assurance vie, elle continue de bénéficier d'un environnement de taux d'intérêt durablement élevés. Selon le rapport sigma, les primes mondiales d'assurance vie devraient progresser de 2,3% en termes réels en 2026, un rythme supérieur à la tendance de long terme. Les rendements plus élevés continuent de soutenir les activités d'épargne et de rentes, tandis que les marchés émergents profitent d'une démographie favorable, de réformes réglementaires et d'une progression du taux de pénétration de l'assurance.

Les perspectives de rentabilité des assureurs vie demeurent également favorables, les rendements plus élevés des nouveaux investissements continuant de soutenir les revenus financiers.

Copyright (c) 2026 Zonebourse.com - All rights reserved.

Dans la même rubrique

Baromètre Good Value for Money 2026 : vers un taux moyen de 2,90% pour les fonds euros

Selon les conclusions de la 17e édition (2026) du Baromètre de l'Epargne Vie Individuelle par Good...

Baromètre Allianz/CSA : partage de la route, le casse-tête persiste en 2026

Grands départs, afflux touristique, multiplication des modes de déplacement : chaque été, la...

Sollers Consulting : "Les assureurs accélèrent l'automatisation de la souscription"

Le secteur mondial de l'assurance entre dans une phase charnière de la digitalisation de la...

Voir plus

Chargement…