Grands départs, afflux touristique, multiplication des modes de déplacement : chaque été, la circulation se tend, notamment sur les littoraux où vélos, trottinettes et engins de déplacement personnel motorisés investissent massivement l'espace public, générant davantage de frictions. Un phénomène déjà présent toute l'année sur l'ensemble du territoire, mais que l'été rend encore plus visible et intense.
Dans ce contexte, Allianz France et CSA dévoilent les résultats du baromètre 2026 sur le partage de la route. Pour la cinquième année consécutive, cette étude dresse un état des lieux des perceptions et comportements des Français face à la cohabitation entre usagers. Les résultats mettent en lumière une réalité persistante : la route reste un "casse-tête" au quotidien. L'enquête online a été menée du 26 février au 23 mars 2026 auprès d'un échantillon représentatif de 2 005 Français âgés de 15 ans et plus (méthode des quotas).
Des habitudes de mobilité stables, mais une cohabitation sous tension
Malgré la hausse du carburant, la voiture reste le mode de transport dominant avec toujours 83% des Français interrogés qui l'utilisent. On observe néanmoins une augmentation de l'usage des deux-roues motorisés sur 1 an (29% utilisent une moto ou un cyclomoteur vs. 21% en 2025).
Les usages du vélo évoluent peu depuis 2022 et son intérêt semble avoir atteint un palier autour des 25% depuis 2023 vs 35% en 2022. Cette stabilité s'accompagne toutefois d'une perception toujours négative de la cohabitation sur la route.
En 2026, 60% des Français déclarent avoir une mauvaise opinion du partage de la route. Cette perception, dégradée depuis plusieurs années, tend toutefois à légèrement s'améliorer sur deux ans, mais reste toujours plus élevée qu'en 2022 (50%).
En outre, chaque catégorie d'usagers de la route considère très largement qu'utiliser son téléphone ou des écouteurs en situation de mobilité est en soi une incivilité, et ce quel que soit le mode de mobilité concerné. Ainsi, même les piétons considèrent majoritairement comme inciviles les autres piétons qui traversent une route (même au feu piéton vert) en regardant son téléphone portable ou en ayant un dispositif d'écouteurs. Dans le même temps, 15% des Français admettent utiliser ou consulter leur téléphone portable et 12% un dispositif d'écouteurs pendant qu'ils conduisent / traversent une route.
Les EDPM, première source de stress des automobilistes
Les automobilistes eux-mêmes expriment toujours un fort sentiment de stress face à ces modes de déplacement. Les EDPM, en particulier, représentent une source majeure d'inquiétude. Leur comportement sur la voie publique, perçu comme peu encadré, nourrit un climat de tensions sur les routes en zones urbaines.
Manque de civisme : les cyclistes et les EDPM toujours un point de crispation
Le sentiment d'incivilité, quant à lui, reste bien ancré, même si la perception des conducteurs de deux-roues motorisés (motos et cyclomoteurs) s'améliore légèrement. Les cyclistes et les utilisateurs d'EDPM continuent en revanche d'être pointés du doigt pour leurs comportements jugés parfois imprévisibles ou non-conformes au Code de la route. De leur côté, les conducteurs d'EDPM et les cyclistes redoutent avant tout l'inattention des automobilistes, tandis que les piétons se disent également préoccupés par les engins circulant sur les trottoirs. Dans ce climat, les dangers perçus demeurent élevés.
Par ailleurs, le baromètre confirme cette année l'impact de ce type d'événement sur le renforcement de la perception du danger et la modification durable des comportements au volant ou au guidon, auprès des 24 % des Français ayant été marqués par un accident de la route, dont plus de la moitié par un accident impliquant un cycliste.
Une méconnaissance persistante de la réglementation des EDPM pouvant nourrir les conflits
La méconnaissance de la réglementation en matière d'EDPM reste un frein à une cohabitation plus sereine. Près de trois conducteurs sur dix ne sont pas assurés et ignorent encore les obligations légales telles que l'âge minimum, 14 ans ou les règles de signalisation auxquelles ils sont soumis (nouvelle règlementation depuis mars 2024). En réponse à cela, une large majorité des Français se déclare favorable à l'instauration d'un test du code de la route pour les utilisateurs de ces engins.
"Pour Allianz France, la promotion d'une conduite responsable et bienveillante et le port des équipements de protection constituent des priorités pour favoriser une cohabitation apaisée et plus sécurisée en plus de l'adaptation des infrastructures. Pour illustrer cet engagement, Allianz Prévention fera étape dans plusieurs villes du littoral du Grand Ouest du 20 juillet au 7 août afin de sensibiliser le grand public aux enjeux de la sécurité routière", explique Marielle Maréchal, responsable prévention routière d'Allianz France.
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