L'essor rapide de l'intelligence artificielle transforme profondément les entreprises françaises, mais il s'accompagne d'une montée des cyber-risques. Selon une étude réalisée par Opinium pour QBE, les organisations doivent désormais gérer un double défi : tirer parti des opportunités offertes par l'IA tout en maîtrisant des menaces de plus en plus sophistiquées, souvent liées à leur chaîne de partenaires et de fournisseurs.
L'IA est désormais largement entrée dans les usages. D'après l'étude, 94% des entreprises françaises utilisent déjà ces technologies ou prévoient de les adopter prochainement. Les bénéfices attendus sont avant tout opérationnels : gain de temps (50%), amélioration de l'efficacité (46%) et optimisation de la prise de décision (36%). Plus de huit dirigeants sur dix anticipent ainsi un impact positif de l'IA dans les deux prochaines années.
Cette adoption rapide reste toutefois encore peu structurée dans de nombreuses entreprises. L'intelligence artificielle s'intègre progressivement aux outils et aux processus internes, sans toujours s'accompagner de règles de gouvernance clairement définies. Parmi les sociétés ayant déjà recours à l'IA, 44% déclarent contrôler la qualité des données, 39% forment leurs équipes et 35% ont mis en place des politiques internes spécifiques.
Dans le même temps, les cyberattaques continuent de progresser. Au cours des douze derniers mois, 53% des entreprises interrogées disent avoir subi au moins une attaque informatique. Parmi elles, 55% rapportent des pertes de revenus et 15% indiquent avoir connu une interruption d'activité d'au moins une journée.
L'étude met également en lumière le rôle croissant des prestataires et fournisseurs dans la diffusion des cybermenaces. Parmi les entreprises victimes d'attaques, 69% estiment qu'au moins une intrusion est passée par un acteur tiers. Pour QBE, ce phénomène traduit un déplacement du risque vers l'ensemble de l'écosystème des entreprises, à mesure que les usages de l'IA se développent.
Près d'une entreprise sur trois affirme par ailleurs avoir déjà été confrontée à une cyberattaque impliquant l'intelligence artificielle. Les menaces recensées prennent plusieurs formes : tentatives d'hameçonnage générées ou améliorées par l'IA (44%), clonage vocal (35%), diffusion de logiciels malveillants (31%), ou encore deepfakes et attaques automatisées (29%).
Face à cette évolution des risques, les entreprises commencent à renforcer leurs dispositifs de protection. Selon l'étude, 80% disposent désormais d'un plan de gestion des incidents cyber et près de six entreprises sur dix ont souscrit une assurance cyber.
"Le risque lié à l'IA ne s'arrête pas aux frontières internes. Les organisations doivent appliquer le même niveau de rigueur et de supervision à l'ensemble de leur écosystème de partenaires", souligne Amanda Maréchal, directrice lignes financières chez QBE France.
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