Etudes

Axa Climate : moins d’une espèce menacée sur deux est protégée en France

Publié le 6 mai 2026 à 14h21

(AOF) - Axa Climate, l'entité du groupe Axa dédiée à l'adaptation climatique, publie une étude inédite sur la biodiversité en France et ses outre-mer. Elle révèle que seules 43% des espèces menacées, identifiées selon des méthodologies scientifiques reconnues à l'échelle internationale (celles de l’UICN : Union internationale pour la conservation de la

nature), sont protégées par la loi. Elle dévoile également d'importantes disparités géographiques, la France métropolitaine étant le troisième territoire le moins bien protégé.

Enfin, si les oiseaux et les mammifères sont bien protégés (95%), c'est beaucoup moins le cas des insectes (6%), malgré leur rôle clé dans nos écosystèmes naturels.

Dans ce contexte, Axa Climate sensibilise les entreprises à l'importance de bien mesurer les risques pesant sur la biodiversité, au-delà de la seule conformité réglementaire, afin de sécuriser pleinement leurs chaines d'approvisionnement.

La protection augmente avec le risque d'extinction, atteignant 39% pour les espèces "vulnérables", 43% pour les espèces "en danger" et 51% pour les espèces "en danger critique d'extinction".

La perte de biodiversité s'accélère et est largement reconnue comme l'un des risques systémiques les plus importants auxquels l'humanité est confrontée. À mesure que les écosystèmes se dégradent, les services qu'ils fournissent, tels que la pollinisation, la fertilité des sols, la régulation de l'eau et la stabilité climatique, s'affaiblissent, affectant directement les systèmes économiques et sociaux (perte de rendements agricoles, pénuries de matières premières, de poissons ou de forêts...). La protection des espèces menacées est donc devenue un pilier central des stratégies mondiales de biodiversité.

En France, les disparités géographiques révèlent à la fois des asymétries en matière de connaissances et de protection. Plus que 100 000 espèces de faune et de flore sont ainsi répertoriées en France métropolitaine et en Corse, contre seulement 28 704 en Guyane française, malgré ses vastes écosystèmes amazoniens et une richesse endémique supposée plus élevée.

Des protections inégales entre vertébrés et invertébrés

Les vertébrés indigènes bénéficient d'une couverture quasi totale, les oiseaux, les reptiles et les mammifères menacés étant protégés à environ 95 % et les amphibiens à 88 %, tandis que les Petromyzonti (une catégorie de poisson sans mâchoires) atteignent 100%. En revanche, la protection chute fortement pour la plupart des groupes d'invertébrés. Les bivalves (ou mollusques) et les anthozoaires (comme les coraux) atteignent environ 42 à 43%, et les insectes menacés, malgré leur immense richesse en espèces, ne bénéficient que de 6 % de protection.

"Notre étude montre que la conformité réglementaire à elle seule ne garantit pas que les risques pesant sur la biodiversité sont gérés", expliquent Dr Julie Rode (responsable de la recherche sur la nature), Raphael Marchand (ingénieur en données sur la nature), Remy Poncet, responsable de l'innovation en matière de résilience agroalimentaire, et Geoffroy Dufay (responsable de l'assurance agricole et du développement des investissements chez Axa Climate), auteurs de l'étude.

"Or, de nombreux secteurs, notamment l'agriculture, dépendent de fonctions écosystémiques soutenues par des espèces négligées par la réglementation. Lorsque ces fonctions sont perturbées, c'est la stabilité même des systèmes alimentaires qui est en jeu. C'est pourquoi il est clé de s'intéresser à cet angle mort et de mieux évaluer ce type de risque pour sécuriser les chaines d'approvisionnement. Dans ce cadre, une attention toute particulière pourra être portée aux espèces 'clés de voûte'. Pour une entreprise, investir dans la connaissance de la biodiversité peut devenir un facteur de différenciation stratégique", ajoutent-ils. 

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