(AOF) - "Alors que les marchés financiers renouent avec des phases de forte volatilité et que les incertitudes économiques et géopolitiques se multiplient, un phénomène peut surprendre : l’assurance vie, souvent décrite comme un produit classique voire conservateur, connaît un regain spectaculaire d’intérêt", relève Philippe Lauzeral, président de Finzzle groupe, acteur dans le secteur du conseil en gestion de patrimoine.
En 2025, la collecte nette a franchi le seuil des 50 Md€ pour la première fois depuis près de quinze ans, avec des cotisations qui avoisinent les 200 Md€. Derrière ces chiffres se lit une réalité simple : dans les périodes troublées, les épargnants redécouvrent les principes qui structurent toute stratégie patrimoniale solide. Protéger une partie de son capital, diversifier ses investissements et inscrire ses décisions dans le temps long.
"Après plus de vingt ans de baisse continue, les rendements des fonds en euros se sont redressés à partir de 2022 dans le sillage de la remontée des taux obligataires. En 2025, leur rendement moyen tourne autour de 2,6 à 2,7%, en nette progression par rapport au point bas de 1,3% observé en 2021", souligne Philippe Lauzeral.
Le reflux des placements réglementés accélère les arbitrages. Avec un livret A ramené à 1,5% en février 2026, les épargnants se tournent davantage vers l'assurance vie, où le fonds en euros retrouve un rôle stabilisateur grâce à son effet cliquet. Mais la recherche de rendement pousse aussi les flux vers les unités de compte, qui offrent une diversification plus large (actions, obligations, immobilier ou produits structurés), ajoute t-il.
En outre, les épargnants cherchent un équilibre entre sécurité et performance, entre protection du capital et potentiel de croissance. Autrement dit, une véritable logique d'allocation patrimoniale.
Et c'est là que l'assurance vie révèle sa vraie nature : non pas seulement une solution d'épargne, mais également un cadre patrimonial adaptable, doté d'un environnement fiscal et successoral particulièrement souple. Mais sa véritable force réside ailleurs, dans sa capacité à organiser différentes briques patrimoniales au sein d'un même contrat :
- un socle de sécurité via les fonds en euros.
- des moteurs de performance via les unités de compte.
- et une gestion évolutive dans le temps grâce aux arbitrages.
"L'époque où l'on ouvrait une assurance vie pour l'oublier pendant vingt ans appartient largement au passé. Elle devient aujourd'hui un véritable plan d'épargne de long terme, que l'on ajuste progressivement en fonction de ses objectifs de vie", atteste Philippe Lauzeral.
Cette évolution n'est pas réservée aux plus aisés. La collecte record de 2025 montre que l'assurance vie reste un placement de masse, avec des versements qui émanent de tous les segments de population, y compris les ménages modestes qui cherchent à donner du sens à une épargne et à préparer leur avenir et leur retraite. Encore faut-il leur en donner les clés.
Expliquer que l'on peut commencer avec de petits montants, installer des versements programmés, arbitrer sans nécessairement “tout vendre”, et surtout articuler cette enveloppe avec les grands projets de vie (logement, retraite, transmission).