Expertise

La Fedea veut mettre l'empreinte carbone au cœur de l’expertise après sinistre

Publié le 6 octobre 2026 à 11h30

Sarah Noufi   La Tribune de l'Assurance  Temps de lecture 3 minutes

La Fédération de l’expertise en assurance (Fedea) veut faire de l’empreinte carbone un nouveau critère d’arbitrage dans la gestion des sinistres. Avec le cabinet de conseil indépendant Carbone 4, elle travaille à un référentiel commun permettant de mesurer l’impact environnemental des réparations et de comparer différentes solutions.

Après le coût, le délai et la pertinence technique, le carbone pourrait bientôt peser dans les dossiers d'expertise après un sinistre. La Fedea souhaite en effet intégrer progressivement l’empreinte environnementale des réparations dans les outils utilisés par les experts en assurance. La fédération travaille sur le sujet depuis 2024 avec plusieurs réseaux d’expertise et s’est appuyée sur Carbone 4 pour élaborer une méthodologie commune. L’objectif est notamment de construire un référentiel opérationnel. À terme, celui-ci doit permettre de mesurer l’empreinte carbone d’une réparation, mais aussi de comparer plusieurs scénarios et d’identifier les solutions les moins émettrices.

« Demain, par la fiabilité de la mesure de l’impact carbone, l’expert enrichira sa prestation par la proposition de solution réparatrice décarbonée », estime Emmanuel Villette, président de la Fedea. Elle entend ainsi privilégier, lorsque cela est possible, la réparation plutôt que la reconstruction, mais aussi le réemploi des matériaux plutôt que les remplacements systématiques.

Plus de 200 000 missions climatiques au premier semestre 2026

La démarche intervient dans un contexte où les événements climatiques sont croissants dans l’activité des experts. En 2023, la profession a enregistré 418 192 missions liées aux événements climatiques majeurs, représentant 3,48 Md€ de dommages. Elles étaient encore 285 202 en 2025, pour 2,12 Md€. Sur le seul premier semestre 2026, la Fedea comptabilise 203 497 missions. Au-delà de l’indemnisation, chaque sinistre entraîne des déplacements, l’utilisation et le transport de matériaux, des travaux, le traitement des déchets ou encore le remplacement d’équipements. Autant de postes générateurs d’émissions de gaz à effet de serre.

Pour la Fedea, l’expert pourrait donc devenir un maillon de la transition environnementale de l’assurance : non plus seulement constater et chiffrer les dommages, mais également orienter les choix de réparation en tenant compte de leur résilience et de leur empreinte carbone. « La Fedea souhaite faire de ce travail une référence partagée pour le marché, au service des assureurs, des experts et des acteurs de la réparation », déclare la fédération, qui regroupe 21 sociétés d’expertise.

« Cette démarche répond, notamment, à la nécessité croissante pour les assureurs de mieux connaître l’empreinte environnementale de leurs activités et de leurs sinistres. Elle vise surtout à éviter que chaque acteur développe sa propre méthode de calcul et à permettre à l’ensemble de la profession de parler un langage commun », conclut-elle.

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