Marchés

Pétrole, déficits, IA : le cocktail qui propulse les taux longs

Publié le 29 septembre 2026 à 20h38

La remontée des taux obligataires de long terme continue de s'accélérer à travers le monde, alimentée à la fois par le retour des craintes inflationnistes et par des besoins de financement toujours plus importants. Aux Etats-Unis, le rendement du Treasury à 10 ans a atteint 5,28% mardi, son plus haut niveau depuis 2007, tandis que celui à 30 ans a dépassé 5,6%, retrouvant des niveaux observés pour la dernière fois en 2002.

Le mouvement dépasse largement les frontières américaines. Le taux français à 10 ans évolue désormais autour de 4,8%, près de ses sommets depuis la crise financière, tandis que le Bund allemand avoisine 3,6%. Au Japon, le rendement à 10 ans dépasse désormais 3%, dans un mouvement de tension généralisé sur les marchés obligataires mondiaux.

A court terme, la hausse des cours du pétrole constitue le principal catalyseur. Le Brent reste installé au-dessus de 100 dollars le baril, tandis que les prix du diesel atteignent des records aux Etats-Unis comme en Europe face aux pertes de capacités de raffinage en Russie. Cette poussée du coût de l'énergie, particulièrement sensible pour le transport et l'agriculture, renforce les pressions inflationnistes et pousse naturellement les marchés à intégrer davantage de resserrement monétaire, surtout que de plus en plus de banquiers centraux à travers le monde adoptent une posture "restrictive" face à cette pression inflationniste.

La pression sur les taux dépasse toutefois largement le seul choc énergétique. Les déficits publics restent supérieurs à 5% du PIB aux Etats-Unis comme en France, maintenant d'importants besoins d'émission, auxquels s'ajoute désormais l'explosion des financements liés à l'intelligence artificielle.

Selon Goldman Sachs, les émissions obligataires des hyperscalers devraient atteindre environ 263 milliards de dollars cette année, puis un record de 420 milliards en 2027. Cette accumulation de dette publique et privée accroît la quantité de capital que les investisseurs doivent absorber et contribue à exercer une pression structurelle sur les taux longs.

Une désescalade au Moyen-Orient pourrait apporter un répit en faisant refluer les prix de l'énergie. Mais tant que les besoins de financement des Etats et du secteur technologique resteront aussi élevés, le principal moteur structurel de la hausse des rendements restera en place.

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