Etudes

Hausse des fraudes : 52% des grandes entreprises et ETI sous pression (Allianz Trade)

Publié le 21 septembre 2026 à 8h28

Dans un environnement économique marqué par la digitalisation des échanges et l'essor de nouvelles technologies, la fraude s'impose désormais comme un risque opérationnel majeur pour les entreprises françaises. Allianz Trade, le leader européen de l'assurance fraude, a interrogé avec Odoxa, 1 005 Français et 315 dirigeants d'entreprise et directeurs financiers basés en France sur leur exposition, leur ressenti et leurs mesures de prévention face aux risques de fraude.

Une menace qui croît en parallèle de la taille de l'entreprise

Les fraudeurs concentreraient-ils leurs efforts là où les montants potentiellement détournés sont les plus élevés ? Selon l'enquête menée par Allianz Trade, seule 1 entreprise sur 3 déclare avoir été ciblée par une tentative de fraude au cours des 12 derniers mois. Mais l'exposition au risque de fraude semble s'accentuer à mesure que la taille des entreprises grandit : 60% des PME et 85% des ETI-grandes entreprises ont subi au moins une tentative de fraude l'année dernière. Pire encore, le risque s'accroît : 52% des ETI et grandes entreprises constatent une hausse des tentatives de fraude sur les douze derniers mois.

Une efficacité renforcée par l'IA ?

La multiplication des tentatives s'accompagne d'une efficacité accrue des fraudeurs. Dans 40% des cas, les entreprises concernées indiquent qu'au moins une tentative a abouti à une fraude avérée. Et les conséquences sont loin d'être marginales : 85% des entreprises victimes déclarent un préjudice financier, dont près d'une sur cinq (19%) supérieur à 10 000 euros.

Dans un contexte de forte transformation des modes opératoires, l'intelligence artificielle (IA) semble jouer un rôle croissant, par exemple pour aider les fraudeurs à usurper une identité que cela soit par la voix (DeepVoice) ou par l'image (DeepFakes). D'ailleurs, 76% des dirigeants estiment que l'IA contribue à augmenter le risque de fraude.

La menace est croissante, mais les entreprises sont inégalement préparées

Encore une fois, et assez logiquement, le degré de préparation face au risque de fraude diffère selon la taille de l'entreprise : 61% des TPE se jugent bien préparées, contre 76% des PME et 92% des ETI et grandes entreprises. Parmi les mesures déployées, le principal réflexe consiste à vérifier les coordonnées bancaires (55%). Il s'agit du seul dispositif majoritairement adopté, mais on est encore loin d'une généralisation, même parmi les grandes entreprises et ETI (63%).

Par ailleurs, 41% des entreprises rappellent le client ou le fournisseur en cas de modification des coordonnées bancaires et 40% disposent de procédures de validation renforcée des paiements, comme des doubles signatures. En revanche, les dispositifs plus structurés restent encore minoritaires : 36% réalisent des procédures de contrôle interne, 30% forment ou sensibilisent leurs collaborateurs, 23% utilisent des outils de détection ou de cybersécurité, et seulement 13% disposent d'un véritable plan d'urgence en cas de tentative de fraude. Plus préoccupant encore, 16% des entreprises déclarent n'avoir mis en place aucun dispositif spécifique.

D'autre part, la couverture assurantielle reste limitée : seules 30% des entreprises interrogées sont aujourd'hui assurées contre ce risque. Ce taux atteint 74% dans les grandes structures, mais reste faible chez les TPE (27%). Plus révélateur encore, parmi les entreprises ayant déjà subi une tentative de fraude, seules 38% sont couvertes, signe que même l'exposition directe au risque ne suffit pas toujours à déclencher une assurance spécifique.

Une réalité plus contrastée pour les salariés

Le baromètre met aussi en évidence l'ampleur du phénomène au sein des organisations : 57% des salariés déclarent avoir déjà observé au moins un comportement frauduleux au sein de leur entreprise. Il peut s'agir d'usages abusifs des ressources de l'entreprise (48%), de contournements des procédures internes (33%) ou encore de détournements divers : 25% pour les stocks ou le matériel, 15% pour les fausses notes de frais, 11% pour la manipulation de transactions financières au profit d'un salarié ou de ses proches, et 9% pour le détournement de données.

Pour autant, contrairement à leurs dirigeants, les salariés se disent majoritairement peu inquiets : 71% ne redoutent pas d'être confrontés à une fraude dans leur entreprise. De même, plus d'un sur deux estime que l'intelligence artificielle n'accroît pas le risque de fraude, à rebours des préoccupations exprimées par les dirigeants. Enfin, seuls 14% jugent leur entreprise "très bien protégée", ce qui souligne un décalage entre leur perception du risque et le niveau réel de protection des organisations.

Copyright (c) 2026 Zonebourse.com - All rights reserved.

Dans la même rubrique

Retraite : l'angoisse financière progresse (Baromètre Odoxa / Generali)

Dans un contexte marqué par la transition démographique, la fragilisation du système par répartition...

Howden France décrypte les nouvelles tendances du marché de l'assurance

Howden France, l'opération française de Howden Broking Group et courtier d'assurance international,...

Quand l'IA et l'énergie dopent le marché mondial de l'assurance

L'économie mondiale est entrée dans un supercycle de dépenses d'investissement (capex), porté par...

Voir plus

Chargement…