Etudes

Risques et assurances : cartographie d'une fonction en pleine mutation

Publié le 9 juin 2026 à 15h09

Cabinet de conseil expert en opérations, risques, durabilité et compétences, KYU Associés publie, en collaboration avec l'Amrae (l'association professionnelle de référence en matière de gestion des risques) sa première étude sur l'organisation, les missions, les niveaux de maturité et les dynamiques d'évolution des fonctions risques et assurances au sein des entreprises françaises.

L'étude analyse le positionnement des fonctions "risques et assurances" au sein de l'entreprise, la manière dont elles s'articulent (ou non) au sein de la gestion globale des risques et la manière dont elles collaborent avec les courtiers en assurance sur leurs enjeux.

Des fonctions risques mieux positionnées et plus axées vers la résilience

Selon les conclusions de cette étude, 29% des fonctions risques sont rattachées à la direction générale ou au secrétariat général (45% dans les entreprises de moins d'un milliard d'euros de CA).

85% des grandes entreprises disposent d'une politique risques formalisée ou partiellement formalisée, contre 64% des entreprises de moins d'un milliard d'euros de CA.

La cartographie des risques et l'Enterprise Risk Management constituent le socle de la fonction (84% des fonctions risques la pilotent).

Autour de ce socle, les missions sont diverses avec un fort engagement sur des dimensions opérationnelles et une montée en puissance sur les enjeux de résilience (45% des fonctions risques interviennent ainsi dans la gestion de crise, 43% dans la continuité d'activité et la prévention, 46% dans les assurances de l'entreprise).

L'implication sur les sujets stratégiques (CSRD, devoir de vigilance, corruption, cyber) reste contrastée. Selon les thématiques, entre 38% et 58% des répondants se déclarent impliqués, mais cette implication relève plus d'un rôle de contribution que de pilotage direct : la part de répondants responsables thématique varie entre 8% (devoir de vigilance) et 18% (risques cyber).

"La fonction 'Risques' monte en puissance sur les enjeux opérationnels et de résilience, mais son rôle reste limité sur les thématiques stratégiques telles la CSRD, le devoir de vigilance, les risques de corruption ou le cyber. Pourtant, ces thématiques impliquent des méthodologies semblables et des parties prenantes communes à celles sollicitées dans la cartographie de risques", souligne Lucie Richelot, directrice associée chez KYU Associés qui a piloté l'étude.

La fonction "Assurances" est encore centrée sur son coeur de métier historique

En outre, dans cette étude, on apprend que "67% des fonctions "Assurances" sont rattachées aux directions juridiques ou financières.

La formalisation reste très dépendante de la taille et probablement des enjeux des programmes : 65% des entreprises > à 10 milliards d'euros ont une politique formalisée, contre 8% des ETI.

Les équipes demeurent limitées : 3,4 ETP (Équivalent Temps Plein) en moyenne dans les entreprises de plus d'un milliard d'euros de CA avec peu de relais locaux dédiés au sein des filiales.

Le périmètre reste concentré sur les programmes IARD, mais tend à s'élargir à l'amont.

60% des répondants se déclarent responsables de la prévention, démontrant un rôle actif dans la maîtrise des risques assurables,

L'implication reste limitée sur des solutions périphériques ou spécialisées : 71% ne sont pas impliquées sur les assurances de personnes, 72% sur le crédit et 69% sur l'affinitaire.

La collaboration entre les fonctions "Risques et Assurances" reste limitée

Seuls 33% des répondants déclarent une coopération active tout au long de l'année.

36% des fonctions "Assurances" utilisent la cartographie des risques pour adapter les programmes d'assurances (28% déclarant par ailleurs ne pas être impliquées et ne pas utiliser la cartographie)... malgré des rattachements hiérarchiques communs dans 55% des cas.

"La collaboration entre les fonctions 'Risques et Assurances' est encore insuffisante au regard des enjeux de résilience et d'efficacité opérationnelle auxquels les entreprises font face", analyse Lucie Richelot.

Courtiers : des attentes croissantes sur la donnée

De plus, la satisfaction quant au conseil en gestion des risques apporté par le courtier est contrastée : avec 55% d'évaluations insatisfaisantes et 45% d'évaluations positives. Le rôle de conseil du courtier est reconnu, mais perçu comme perfectible.

Les entreprises expriment des attentes fortes vis-à-vis de leurs courtiers sur les fondamentaux opérationnels : 66% attendent des reportings fiables et exhaustifs ainsi qu'un meilleur contrôle des documents d'assurance (qualité et délais).

Elles sont en recherche de pilotage de la performance des programmes et des coûts : des benchmarks plus pertinents (45%), une meilleure exploitation de la donnée (42%) et plus de transparence des rémunérations (28%).

La digitalisation (outils et données) est présente dans le top 5 des attentes de plus de 42% des entreprises.

34% classent dans le top 5 de leurs attentes le conseil sur les risques émergents ou difficilement assurables et 36% la capacité à produire des livrables de niveau direction générale, suggérant une attente notable de conseil à valeur ajoutée plus stratégique.

"Au-delà de la performance opérationnelle sur les missions d'intermédiation classiques, les entreprises attendent que leurs courtiers apportent une valeur ajoutée plus stratégique : exploitation des données, accompagnement des risques émergents, soutien à la décision et à la transformation... Les courtiers doivent devenir des partenaires de gestion des risques à part entière", analyse Laurent Giordani, associé fondateur de KYU Associés.

Méthodologie de l'étude :

- plus de 1 000 risk managers sollicités (adhérents Amrae et réseau de KYU Associés)

- 113 répondants issus de 101 entreprises

- 25 questions

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