(AOF) - Chaque année, ekino (groupe de conseil et de réalisation digitale) réalise une étude pour CSA en interrogeant les décideurs des grandes entreprises françaises sur leur maturité digitale et IA. L’édition 2026 du Digital Radar révèle un paradoxe : le secteur BFSI (bancaire, financier, de services et d'assurance) est l'un des plus avancés sur le déploiement de l'IA - et pourtant, seuls 20% de ses dirigeants en voient un impact réel sur leur entreprise.
Ce secteur affiche une maturité digitale supérieure à la moyenne nationale : 100% des entreprises ont déployé une stratégie digitale (vs 97%) et 60% ont industrialisé l'IA (vs 49%). Cette avance se traduit par des taux de succès projet élevés (79% au-dessus de 50%, vs 70% moyenne) et une satisfaction remarquable (92% jugent les projets IA satisfaisants, vs 86%).
Pourtant, ce leadership cache un défi structurel majeur : le manque de compétences IA internes touche 41% des entreprises du secteur (vs 29% moyenne), freinant les ambitions d'automatisation massive portées par 52% des acteurs. La résistance au changement (36% vs 26%) et les contraintes de souveraineté numérique (28% vs 23%) complètent ce tableau paradoxal d'un secteur en avance mais confronté à des blocages humains et réglementaires.
Les trois cas d'usage IA les plus activés dans le secteur :
- 1. automatisation de tâches internes (RPA, back-office) : 61% (vs 50% moyenne)
- 2. relation client (chatbots, callbots, support IA) : 52% (vs 40%)
- 3. développement logiciel / ingénierie : 42% (vs 46%)
- également forte : personnalisation de l'expérience client 36% (vs 34%)
En outre, les trois priorités stratégiques IA du secteur sont les suivantes :
- 1. optimiser la productivité individuelle et automatiser via IA autonome : 52% (vs 39% moyenne), dont 27% en priorité numéro 1 (vs 22%)
- 2. améliorer qualité, accès et usage des données pour l'IA : 38% (vs 34%)
- 3. améliorer l'efficacité opérationnelle : 33% (vs 29%)
En revanche, le secteur fait face à trois freins principaux, avec un écart significatif sur les compétences :
- 1. manque de compétences IA internes : 41% (vs 29% moyenne) - le frein numéro 1 nettement plus marqué, cité par 31% en premier
- 2. résistance au changement : 36% (vs 26%)
- 3. contraintes de souveraineté numérique : 28% (réglementation, localisation données) vs 23%
Concernant l'aspect maturité IA, les points forts du secteur sont :
- la gouvernance et conformité (RGPD, sécurité, IA éthique) : 89% de maturité positive (vs 85%)
- le suivi des résultats et mesure de valeur : 87% (vs 82%)
- la culture d'expérimentation et innovation : 84% (vs 80%)
- et l'accès des équipes métiers aux données : 87% (vs 86%)
De plus, le secteur constate des bénéfices tangibles de l'IA sur plusieurs dimensions :
- 95% : amélioration de la productivité (vs 90%)
- 95% : amélioration de la qualité des services (vs 88%)
- 92% : amélioration de la gestion des risques (vs 88%)
- 90% : amélioration de l'expérience collaborateur (vs 90%)
Pour conclure, Ekino souligne que le secteur banque, assurance et services financiers occupe une position de leader en matière de maturité digitale et d'industrialisation IA, avec des résultats mesurables supérieurs à la moyenne nationale. Cette avance se heurte toutefois à un obstacle structurel : le déficit de compétences IA internes (41%), qui freine les ambitions d'automatisation massive et entretient une résistance au changement plus élevée que la moyenne.
L'enjeu pour les acteurs du secteur : transformer leur avance technologique en capacité d'exécution durable en résolvant l'équation talents + gouvernance + souveraineté numérique.