(Zonebourse.com) - Dans une note publiée ce matin, les analystes de chez Jefferies passent en revue le secteur du tourisme et des loisirs et dégagent une conviction : les croisières s'imposent comme le segment le plus dynamique du voyage, tandis que les compagnies aériennes bénéficient d'un positionnement plus premium. Tour d'horizon des forces en présence.
Les croisiéristes surfent sur la vague des prix
La demande pour les croisières reste très robuste, malgré des hausses de prix marquées. En décembre, les tarifs affichés progressent encore en moyenne de 4% sur un an, avec des gains particulièrement prononcés chez MSC ( 10%) et Viking ( 9%). Si les intentions d'achat apparaissent plus irrégulières qu'au cours de l'été, elles restent globalement solides pour l'ensemble des opérateurs. Jefferies note toutefois un possible effet négatif à court terme lié à la sortie du documentaire Netflix Poop Cruise. Malgré cela, les indicateurs numériques continuent de bien s'orienter : le trafic web du secteur croît de 7%, tandis que les utilisateurs d'applications progressent de 24% sur l'année. MSC se distingue par une forte accélération grâce à ses nouvelles routes américaines.
L'aérien : une économie en K
Jefferies rapporte que le nombre de vols réguliers dans le monde ressort en hausse de 1% sur un an, mais reste encore 1% en-deçà des niveaux pré-Covid (et 7% en dessous de 2019 concernant les Etats-Unis). Alors qu'une enquête montre que les intentions de voyages de loisirs à court terme ont reculé d'un point entre novembre et décembre, les analystes estiment que les profits du secteur vont se concentrer sur les véritables leaders premium, à savoir Delta Air Lines et United Airlines, "où les révisions positives proviennent d'une stratégie gagnante plutôt que de simples effets de comparaison annuelle".
Location de voitures : Avis résiste, Hertz sous pression
La dynamique de l'aérien profite indirectement au secteur de la location de voitures, dont l'activité reste intrinsèquement liée aux flux aéroportuaires. Si Avis semble tirer son épingle du jeu avec une légère croissance de ses revenus ( 1%), Hertz fait face à une situation plus délicate, avec une baisse attendue de son chiffre d'affaires (-2%), pénalisée par des pressions sur les prix.
L'environnement concurrentiel du secteur limite la capacité des acteurs à améliorer significativement leurs marges. Jefferies privilégie ainsi Avis, jugé comme étant le mieux positionné dans un marché encore incertain.
Hôtellerie : RevPAR américain sous tension
Le secteur de l'hôtellerie nord-américaine traverse une zone de turbulences, avec un revenu par chambre disponible (RevPAR) qui reste sous pression sur l'ensemble des segments, contrastant avec la vigueur des marchés européens et de la zone Asie-Pacifique. Les Etats-Unis font notamment face à une baisse du tourisme entrant.
À l'échelle mondiale, les dépenses hôtelières progressent encore d'environ 7% sur un an, portées à la fois par la hausse du nombre de nuitées ( 4%) et des prix moyens ( 3%). Jefferies s'interroge néanmoins sur la capacité des plateformes de réservation en ligne à maintenir leur dynamique, dans un contexte de ralentissement américain. Parmi les groupes, Hilton reste le mieux positionné, tandis que Hyatt affiche un regain notable des intentions de réservation en décembre.
Parcs d'attractions : Orlando marque le pas
Du côté des parcs d'attractions, le bilan est tout aussi nuancé. Si les sites web des parcs à thème maintiennent une trajectoire positive ( 10%), la destination Orlando montre des signes de fatigue inhabituels. Disney World a notamment enregistré une baisse notable de l'utilisation de son application mobile en décembre (-19%), alors qu'Universal Orlando continue de capitaliser sur l'attente générée par son futur parc Epic Universe pour soutenir son trafic web ( 2%). L'exception notable vient de Six Flags, dont les chiffres spectaculaires de fréquentation numérique s'expliquent toutefois par la consolidation technique de l'ensemble de ses marques sous une interface unique.
Une vigilance accrue face aux risques macroéconomiques
L'horizon de la première moitié de l'année 2026 reste cependant assombri par des incertitudes macroéconomiques majeures, particulièrement liées à la santé du marché de l'emploi américain. La corrélation historique étroite entre le taux de chômage et les volumes de voyages suggère une prudence nécessaire, d'autant que les indicateurs de confiance des consommateurs et les intentions d'embauche des petites entreprises sont en repli. Dans ce contexte de ralentissement potentiel de la consommation, Jefferies privilégie des valeurs solides telles qu'Airbnb (Achat), Avis (Achat), Disney (Achat), Hilton (Achat) ou encore United Airlines (Achat), tout en restant vigilant sur la capacité des plateformes de réservation en ligne à maintenir leur rythme de croissance actuel face à la mollesse du marché domestique.
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