Pour les experts de l'ex-Euler Hermes, l'envolée de 89 % des coûts de kérosène et, à plus long terme, les contraintes réglementaires pèseront durablement sur la rentabilité des entreprises aériennes. Ces dernières devraient augmenter les prix des billets de 22 % cette année, entraînant un doublement de leurs revenus mais cela sera insuffisant pour rétablir leurs marges. En effet, un quart des chiffres d'affaires étant consacré aux salaires, les compagnies ont intérêt à ne pas pallier leur manque d'effectifs et à annuler de plus en plus de vols
Elles connaîtront donc une troisième année consécutive de pertes, soit 9,7 milliards de dollars et n'atteindront pas le seuil de rentabilité avant 2023. Elles ne seront pas sorties des difficultés, notamment les compagnies européennes confrontées à un triple défi. La concurrence des transports ferroviaires, soutenus par les Etats promoteurs de la transition verte, se fera plus vive. La hausse des taux d'intérêt et la dégradation de leur note de crédit amputera la capacité financière nécessaire au renouvellement des flottes. Dernier clou dans le cercueil, les réglementations européennes, dont la Sustainable Aviation Fuel, amputeront les profits, le bio-kérozène coûtant 2,5 fois plus que le carburant actuel.