En ce début d'année, la dynamique de l’épargne-vie semble plutôt bien résister aux hautes pressions géopolitiques et financières consécutives – entre autres – à l’embrasement fin février du Moyen-Orient. Mais la problématique de la gestion du risque au long cours intrinsèque à ce secteur d’activité n’en demeure pas moins délicate dans un contexte où la seule certitude qui domine est celle de… l’incertitude !
Irrigué par des flux d’épargne financière dont le tarissement ne semble pas à l’ordre du jour, c’est avec prudence, mais aussi confiance, que le secteur de l’assurance vie aborde l’exercice 2026. « L’an passé, le taux d’épargne des ménages a atteint 18,3 % de leur revenu disponible brut, et il faut remonter à 1979, hors période Covid, pour retrouver un montant équivalent. Le taux d’épargne financière s’est, quant à lui, élevé à 9,1 %, soit le plus haut niveau constaté, toujours hors Covid, depuis… 1950 », rappelle Philippe Crevel. Selon le directeur du Cercle de l’épargne, ce réflexe « bas de laine » tient à la convergence d’au moins trois facteurs : la succession des chocs (pandémie, guerres en Ukraine, à Gaza, au Moyen-Orient…), le vieillissement démographique associé aux doutes sur la pérennité du système des retraites (plus une population est âgée, plus elle épargne), et enfin les bons rendements offerts par l’épargne ces dernières années. « À la différence des Américains, les Français consomment peu les gains issus de leurs placements, et cette capitalisation augmente naturellement leur taux d’épargne financière », note Philippe Crevel. L’économiste est ainsi convaincu que confrontés « aux tensions géopolitiques, au niveau élevé du déficit public et à la remontée du chômage, les ménages conserveront encore cette année un fort volant d’épargne de précaution dont profitera l’assurance vie ».
Tenir un rythme de croissance durable dans un environnement géostratégique – et par...