Etudes

Pertes d'exploitation : un coût moyen supérieur à 850 000 euros (Allianz Commercial)

Publié le 22 octobre 2026 à 9h22

Les entreprises sont de plus en plus exposées à la forte hausse des pertes d'exploitation, sous l'effet de la concentration de la production, de la fragilité des chaînes d'approvisionnement, des tensions géopolitiques, de l'inflation et d'une dépendance technologique croissante. Selon une nouvelle analyse d'Allianz Commercial, le coût moyen d'un sinistre au titre de la garantie pertes d'exploitation dépasse désormais 850 000 €.

Ce montant est environ 70% supérieur à celui d'un sinistre dommages aux biens moyen, proche de 500 000 €, ce qui montre que les conséquences financières d'un arrêt ou d'une dégradation de l'activité peuvent largement dépasser le coût de réparation des dommages à l'origine du sinistre.

Le rapport analyse 7 888 sinistres au titre de la garantie pertes d'exploitation, représentant une valeur totale d'environ 6,74 milliards d'euros, soit 7,82 milliards de dollars américains, sur la période allant du 1er janvier 2021 au 31 décembre 2025. Bien que la fréquence des sinistres soit restée relativement stable, leur sévérité moyenne a augmenté de plus de 30% par an au cours des deux dernières années.

"Le risque de pertes d'exploitation et de perturbation des chaînes d'approvisionnement reste élevé et volatil. Pour autant, les entreprises évoluent dans un environnement complexe, marqué par les tensions géopolitiques, la fragmentation des échanges, les incidents cyber et une dépendance croissante à des technologies telles que l'intelligence artificielle (IA). L'ampleur des dommages matériels ne détermine plus, à elle seule, le coût final d'une perte d'exploitation. Même un incident relativement circonscrit peut avoir des répercussions sur les réseaux de production, les clients et les marchés. Les entreprises doivent donc identifier et mieux comprendre non seulement leurs propres actifs critiques, mais aussi ceux des fournisseurs, des technologies et des infrastructures dont dépendent leurs activités", déclare Thomas Lillelund, PDG d'Allianz Commercial.

L'incendie, cause la plus coûteuse

Les incendies et explosions constituent la première cause de sinistres au titre de la garantie pertes d'exploitation en valeur : ils représentent plus de 40% du montant total analysé, soit environ 2,9 milliards d'euros ou 3,3 milliards de dollars américains. Les incendies sont à l'origine de neuf des dix événements d'origine humaine les plus coûteux de l'ensemble de données et constituent la cause de sinistre la plus onéreuse sur des marchés tels que l'Allemagne, Singapour, le Royaume-Uni et les Etats-Unis.

Les catastrophes naturelles arrivent au deuxième rang des causes les plus coûteuses de sinistres au titre de la garantie pertes d'exploitation, représentant 34% de leur valeur, et sont les plus fréquentes, avec 26% des sinistres. La France figure parmi les marchés particulièrement exposés : la tempête de grêle de juin 2022 représente à elle seule 7% du montant des sinistres pertes d'exploitation liés aux catastrophes naturelles analysés dans le portefeuille mondial sur la période 2021-2025.

Ensemble, les incendies et explosions ainsi que les catastrophes naturelles ont généré plus de 75% de la valeur totale des sinistres. Cependant, les événements hors catastrophes naturelles restent le principal moteur global de la sinistralité pertes d'exploitation, puisqu'ils représentent 74% des sinistres et 66% de leur valeur totale.

Une reprise et un règlement des sinistres de plus en plus longs et coûteux

Certains sinistres liés aux catastrophes naturelles évoluent sur des périodes de plus en plus longues. Près de deux ans après l'ouragan Helene, survenu en septembre 2024, de nombreux sinistres au titre de la garantie pertes d'exploitation n'étaient toujours pas réglés, non pas en raison de différends sur la garantie, mais parce que les entreprises touchées n'avaient pas encore pleinement repris leurs activités. Les retards dans les chaînes d'approvisionnement, les pénuries de main-d'oeuvre et la volatilité du coût des matériaux peuvent prolonger à la fois la reprise et le règlement des sinistres.

Cyber : un facteur croissant de pertes d'exploitation

Si les rançongiciels restent la première cause de perturbation liée au cyber, une part croissante des sinistres est également due aux pannes de services cloud, aux mises à jour logicielles défectueuses et aux incidents touchant des prestataires technologiques tiers. Plus de 48 000 interruptions de service ont été recensées dans les services cloud et logiciels pour la seule année 2025, soulignant la dépendance croissante des entreprises aux chaînes d'approvisionnement numériques.

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