Sociétés

La chute est brutale pour les banques européennes

Publié le 7 octobre 2026 à 17h58

L'indice STOXX Europe Banks a reculé de 3% mercredi, ramenant sa hausse annuelle à environ 13%, au moment même où les rendements obligataires bondissaient dans toute la zone euro. Les banques sont pourtant censées être les grandes gagnantes de la remontée des taux, un argument qui leur a valu leur meilleure année depuis 1997 en 2025.

Dans le détail, Société Générale cède -5,0%, Piraeus Bank -5,0%, Erste Group -4,9%, Deutsche Bank -4,7%, ABN Amro -4,4%, UniCredit -4,2%, HSBC -4,2%, Intesa Sanpaolo -4,0%, BNP Paribas -3,9%, OTP Bank -3,8%, Crédit Agricole de -3,5%, Barclays -3,3%, Caixabank -3,3%, BBVA de -3,2%, UBS -3,1%.

Le chiffre qui dit que ce n'est pas une histoire de taux

Le 2 ans allemand a cédé 1,7 point de base, à 3,0645%, pendant que le 2 ans italien prenait environ 9 points de base et le français 8,4. Sur la partie courte, celle qui reflète le plus directement les anticipations de politique monétaire, le Bund ne bouge donc pas dans le même sens que ses voisins. La hausse n'est pas un mouvement uniforme des taux européens : c'est un écartement entre signatures.

Sur le 10 ans, le mouvement est plus global. Le gilt britannique a pris 7 points de base et le 10 ans américain est monté à 5,31%, mais à l'intérieur de la zone euro, le tri se fait toujours entre émetteurs. Pour les banques, c'est le point sensible : elles détiennent la dette de leur propre Etat. Quand le marché doute d'une signature souveraine, il doute mécaniquement des bilans qui la portent. C'est la boucle classique entre banques et dette publique, et elle explique pourquoi Société Générale baisse trois fois plus que Sabadell.

Dans le même temps, SpaceX a levé 40 milliards de dollars, l'une des plus grosses opérations privées jamais réalisées, signe que l'appétit pour le risque ne s'est pas évaporé partout.

Ce que la séance ne dit pas

Le secteur a gagné environ 65% en 2025 et reste en hausse d'environ 13% depuis le 1er janvier. Une séance à -3,5% efface quelques semaines, pas le cycle.

Le reste du tableau de la journée : le Brent a pris 0,8% à 101,9 dollars, alors que Marco Rubio a déclaré que le trafic dans le détroit d'Ormuz était revenu à ses niveaux d'avant-guerre, un constat que confirment les données de Kpler. Côté français, le budget reste le point d'attention des investisseurs sur la dette.

"Les investisseurs ont passé l'année à payer pour la croissance. Ils commencent à regarder ce qu'elle coûte", résume Savita Subramanian (Bank of America).

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