Etudes

Baromètre WTW 2026 : le taux d'absentéisme grimpe à 4,95% dans le privé

Publié le 7 octobre 2026 à 15h26

L'absentéisme dans le secteur privé progresse pour la deuxième année consécutive depuis la sortie définitive de la pandémie en 2023, pour atteindre 4,95% en 2025. Derrière ce taux moyen, l'édition 2026 du Baromètre Absentéisme Privé de WTW révèle des situations très contrastées. Les femmes et les seniors restent particulièrement exposés, tandis que l'absentéisme progresse chez les cadres et les jeunes. Des évolutions qui plaident pour des actions ciblées, adaptées aux réalités et problématiques de chaque population.

Un absentéisme installé à près de 5%, tiré par l'allongement des absences

Etabli à partir d'un panel de 3 100 sociétés observées sur six ans (427 800 ETP en 2025), ce baromètre confirme l'installation d'un "nouveau standard" consécutif à la crise pandémique. Atteignant 4,95% en 2025, le taux d'absentéisme demeure très supérieur aux niveaux des années 2010 (inférieurs à 4%) et progresse même pour la deuxième année de suite ( 3,4% en 2024, 1,6% en 2025), sans toutefois dépasser le pic de 2022 (5,3%).

Cette hausse résulte principalement de l'allongement de la durée moyenne d'absence, qui atteint 38 jours en 2025, soit deux jours de plus qu'en 2023. La prévalence reste stable, avec un salarié sur trois absent au moins une fois dans l'année (34%), quand la fréquence des arrêts (1,74) poursuit sa progression légère mais régulière depuis 2021.

L'un des enseignements les plus frappants de cette édition tient à la très forte concentration du phénomène : 11% des salariés absents (soit 4% de l'ensemble des salariés) cumulent individuellement plus de 90 jours d'absence dans l'année et concentrent 61% de l'absentéisme total, une part en progression continue (58% en 2023). A l'autre extrémité, 41% des absents s'arrêtent entre un et sept jours dans l'année : ces absences pèsent peu dans le volume global, mais ont un impact réel sur l'organisation des équipes dans l'entreprise.

Derrière ces chiffres, les hétérogénéités entre populations se maintiennent dans le temps. Rapporté à la moyenne, le taux d'absentéisme reste très supérieur pour les non-cadres ( 26% en 2025), pour les seniors de plus de 50 ans ( 26%) et pour les femmes ( 21%). Mais ce sont aussi les dynamiques récentes qui interpellent : entre 2023 et 2025, l'absentéisme des cadres a par exemple bondi de 17%, ces derniers devenant la seule population dont le taux 2025 dépasse ceux de 2020 et 2022, tandis que celui des moins de 40 ans progresse d'environ 10% sur la même période.

Absentéisme des femmes : un écart de près de 40% qui appelle des réponses ciblées

Le baromètre réserve cette année une place particulière à l'absentéisme des femmes, dont l'écart avec les hommes s'accentue année après année pour atteindre aujourd'hui près de 40%. Cet écart tient moins à la durée des absences ( 3,5 jours en moyenne, soit 10%) qu'à la prévalence : 37% des femmes ont été absentes au moins une fois en 2025, contre 30% des hommes, avec un pic marqué entre 30 et 40 ans que l'on ne retrouve pas chez leurs homologues masculins.

Cette période correspond fréquemment aux premières années de la parentalité, que le baromètre éclaire à travers un article sur la "pénalité maternelle" : l'absentéisme féminin est majoré de 10 à 15% dans l'année suivant une naissance, un chiffre qui, analysé entreprise par entreprise, peut aider à identifier des marges de progrès dans les politiques d'égalité professionnelle et à mieux comprendre l'influence de certains modèles socio-démographiques.

Ces écarts peuvent s'expliquer par plusieurs facteurs, parmi lesquels les conditions de travail. La répartition encore très sexuée des métiers expose en effet les femmes et les hommes à des contraintes différentes en matière d'environnement, de postures, de charge émotionnelle, d'horaires ou de conditions d'emploi. D'autres risques doivent également être pris en compte, notamment l'incidence croissante des cancers féminins, l'exposition aux violences sexistes et sexuelles, ainsi que la souffrance psychique en lien avec le travail, qui figure parmi les maladies à caractère professionnel les plus fréquemment signalées et touche davantage les femmes, selon Santé publique France.

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