L'absentéisme est devenu un phénomène majeur de la vie au travail, alimentant des débats de plus en plus vifs. Révélateur de la santé physique et mentale des salariés, il pèse lourdement sur la performance des organisations. Dans ce contexte, le groupe Apicil publie la 5e édition de son observatoire des arrêts de travail, réalisée en collaboration avec sa filiale, le groupe JLO, cabinet de conseil spécialisé en RH et QVCT (Qualité de Vie et des Conditions de Travail).
Cet observatoire montre qu'une part importante de l'absentéisme est évitable, et qu'agir à la source permet d'en limiter durablement les impacts, tant humains qu'économiques. La force singulière de cette 5e édition réside dans le croisement de trois regards (protection sociale, conseil RH et recherche en sciences humaines et sociales) à partir des données de plus de 55 000 entreprises clientes du groupe Apicil, représentant plus d'un million de salariés du secteur privé.
En 2025, le taux d'absentéisme atteint 4,68%, contre 4,41% en 2024, soit une augmentation de 0,27 point. Il dépasse ainsi son précédent pic de 2022 (4,61%). Cette hausse s'explique principalement par l'augmentation de la part des arrêts de plus de 90 jours ( 0,21 point), qui représentent désormais plus de 50% du taux d'absentéisme.
En parallèle, plus d'un quart des salariés (27,68%, 0,70 point) ont connu au moins un arrêt au cours de l'année. Cette hausse en 2025 fait suite à celle déjà observée l'année précédente ( 0,66 point). Le nombre moyen d'arrêts par salarié absent progresse également, désormais à 1,90 arrêt, contre 1,83 en 2024.
Les temps partiels thérapeutiques, désormais deuxième motif d'absence devant les accidents du travail
9 arrêts de travail sur 10 (90,03%, -0,92 point) sont dus à la maladie, qui demeure de très loin le premier motif d'absence. Ces arrêts sont toutefois les plus courts, avec une durée moyenne de 17,16 jours, en baisse de 0,40 jour sur un an. Par ailleurs, plus d'un salarié sur 4 (26,21%) a bénéficié d'un arrêt de travail pour maladie, soit une hausse de 0,64 point par rapport à l'année précédente.
Fait marquant de l'année 2025, les temps partiels thérapeutiques deviennent le deuxième motif d'arrêt : leur part passe de 3,46% à 4,57% en un an, soit une hausse de plus de 32%, devant les accidents du travail (4,41%, -0,14 point).
En outre, les troubles psychiques et les troubles musculosquelettiques (TMS) sont à l'origine de près de trois quarts des arrêts de travail de plus de 30 jours (73,29%), selon les données de la cellule médicale du groupe Apicil.
L'avancée en âge, un facteur singulier de l'absentéisme
Le taux d'absentéisme croît avec l'âge : il s'établit à 5,92% chez les salariés de 60 ans et plus, contre 3,54% chez les moins de 30 ans, soit un niveau 1,67 fois plus élevé. Il a augmenté dans l'ensemble des classes d'âge, avec une hausse légèrement plus marquée chez les plus jeunes ( 0,32 point pour les 30-39 ans et 0,28 point pour les moins de 30 ans).
Des inégalités persistantes, amplifiées lorsque les facteurs défavorables se cumulent
Comme les années précédentes, outre les seniors, plusieurs catégories de salariés demeurent particulièrement exposées à l'absentéisme :
- Les ouvriers : leur taux d'absentéisme s'établit à 6,52% (stable, 6,54% en 2024), contre 2,52% chez les cadres ( 0,16 point, 2,36% en 2024), soit un niveau près de 2,6 fois supérieur. Les employés (5,29%) et les professions intermédiaires (4,58%) se situent entre ces deux catégories. Le taux d'absentéisme a principalement augmenté chez les professions intermédiaires ( 0,37 point) et les employés ( 0,31 point).
- Les salariés en CDI : leur taux d'absentéisme est de 4,97% ( 0,31 point, 4,66% en 2024), contre 1,99% chez les salariés en CDD (stable, 2% en 2024), soit un niveau de près de 2,5 fois supérieur.
- Le secteur de la santé : il est de loin le plus touché, avec un taux d'absentéisme de 7,22% et la durée moyenne d'arrêt la plus longue, à 28,31 jours. A l'opposé, le secteur des banques et assurances enregistre à la fois le taux d'absentéisme le plus bas (2,80%) et la durée moyenne des arrêts la plus courte (13,92 jours).
Réduire l'absentéisme évitable : une ambition à la portée des organisations
Au-delà de l'analyse des données, l'observatoire 2026 s'attache à démontrer qu'une part importante de l'absentéisme peut être réduite durablement. Les leviers les plus efficaces passent par l'amélioration des conditions de travail, plutôt que par le seul contrôle des absences : la prévention de l'usure physique et des risques psychosociaux chez les ouvriers, l'anticipation du vieillissement chez les seniors en adaptant les exigences physiques aux capacités de chacun tout au long de la carrière, la prise en compte des risques différenciés chez les femmes, et un accompagnement individualisé des arrêts longs, fondé sur un diagnostic global et assuré par un référent dédié.
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